‹ Œuvres complètesChapitre 17 sur 28 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

On eût dit que la mort avait fermé le livre ; Mais sa force à ce coup l'avait laissé survivre; Et ce fat, je présume, à peu près vers ce temps Que je fis sa rencontre à la fin d'un printemps, Qu'un premier entretien confondit nos deux âmes, Etqiie, du premier jour, tousdeux nous nous aimâmes. Depuis ce moment-là jusqu'à ses cheveux blancs, A sa maison de paix je montais tous les ans. Elle était à mon cœur une source d eau bonne, Qu'on sait dans les rochers sans la dire à personne, Et que dans sa mémoire ou réserve avec soin Pour aller, à la soif, la chercher au besoin. Chaque fois que ma vie était un peu fanée , Qu'un chagrin me pesait dans le cours de l'année, Mon instinct, près de lui me portant aussitôt, Dans un coin de mon cœur mettait tout en dépôt, Pour aller dans son sein le verser à son heure, Et rapporter la paix qui comblait sa demeure. Où trouver maintenant ma pauvre goutte d'eau , Et ce banc sur la route où poser mon fardeau ?

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Kt puis conum" il m'aidait dans nus douces études! Couinu' il connaissait l)i('n toutes les habitudes J)es plantes, des oiseaux , des insectes de Dieu ! Comme il me disait juste à ((uelle heure, en quel lieu, Sous quel rayon du soir, sur quelle verte pente Ma main tom])erait mieux sur l'insecte ou la plante ! Et comme, de l'hysope aux plus superbes fleurs, De tout ce qui végète il m'enseignait les mœurs! Il n'avait pourtant, lui, ni grand herbier ni livre; Je recueillais tout mort, mais lui voyait tout vivre; Je savais mieux les noms, les genres, les contours; Lui, les saveurs, les goûts, les instincts, les amours; Pour lui chaque herbe était un rayon d'évidence. Un signe du grand mot où luit la Providence. De ce signe divin par la sagesse écrit Je contemplais la lettre, et lui lisait l'esprit; Et, prêtant à chaque herbe une claire étincelle D'àme distincte au sein de l'âme universelle, Il la voyait sentir, penser, agir, aimer ; Et la nature ainsi , qu'il savait animer. Avec ses sentiments, ses grâces inilnies, Et ses transitions tondant en harmonies. Devenait sous sa langue un poème sans fin , Mais toujours émouvant l'âme et toujours divin : Car le nom de l'auteur, brillant sur chaque page, De jour et de chaleur inondait tout l'ouvrage ; Jamais on n'y lisait avec lui sans bénir, Et sans sentir aux yeux une larme venir.

A présent que j'îd lu dans cette âme si tendre,

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