‹ Œuvres complètesChapitre 25 sur 28 · A M. A. DE LAMARTINE · texte numérisé non relu

A M. A. DE LAMARTINE

Et partout tant d'éclat, que des jeunes années On croit voir reverdir toutes les (leurs fanées : Voilà les sentiments qui nie viennent de toi , Voilà ce que ton livre a fait passer en moi.

A Byron, barde anglais, toi, poète de France,

On te compare, ainsi que la belle espérance

Au sombre désespoir; et c'est avec raison

Que l'univers a fait cette comparaison.

Ta poésie est tout, rayon, flamme, mystère.

Ce qui pare, colore ou parfume la terre;

C'est le vent de l'aurore et la brise des soirs.

Les nuages montant de l'or des encensoirs ,

La fleur entre les noirs barreaux de l'esclavage,

Les perles que la mer roule sur son rivage.

Le cygne sur le lac, l'aigle au-dessus des monts.

Ce que nous dit tout bas le cœur, quand nous aimons,

Tantôt la vérité, tantôt la parabole,

Et toujours de la vie un éclatant symbole.

Il faut l'accord céleste à nos claviers humains, Et les notes du ciel bondissent sous tes mains. Il faut un baume au mal que le sort nous destine, Et ce baume est pour moi dans tes vers, Lamartine! Cher nom, beau nom, grand nom ! ... qui résume à la fois Tout ce qu'ont de plus doux les âmes et les voix.

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