RÉPONSE DE M. A. DE LAMARTINE
.\ M. JULES DE HESSÉGUIEU.
Non, cette suave harmonie Qui dompte et caresse tes sens, Poëte, n'est pas mon génie; Tu m'embaumes de ton encens.
Je. ne suis que la folle brise Qui court sur la plaine et le bois , Souffle d'air que chaque herbe brise, Et qui, par lui-même, est sans voix.
Mais s'il rencontre , dans l'enceinte Des vieux temples aux vents ouverts , Près de l'autel la harpe sainte, On entend de divins concerts.
Je suis cette haleine qui joue Sur la harpe à l'accord dormant.
Est-ce donc la brise qu'on loue, Ou l'harmonieux instrument?
.i08 RÉPONSE DE M. A. DE LAMARTINE.
.le suis lo doigt, et toi le livre; Mon cœur te révèle le tien; Mais chaque note qui t'enivre, C'est ton encens, et non le mien.
Ton cœur sonore de poëte Est semblable à ces urnes d'or, Où la moindre aumône qu'on jette Résonne comme un grand trésor.
Dos fleurs qu'à nos lyres tu donnes rSous ne prenons que la moitié ; Mais les roses de nos couronnes.
Tu les parfumes d'amitié!
FIN DU TOMT. CINQUlliMK,