‹ Œuvres complètes avec la nomenclature linnéenne et la classification de Cuvier, reviser et annotéesChapitre 104 sur 126 · LE MULOT. 6M · texte numérisé non relu

LE MULOT. 6M

écrase : 3e me suis servi du même expédient contre les campagnols qui détruisent aussi les glands ; et comme l'on avait soin de m'apporter tout ce qui se trouvait sous les pièges, j'ai vu les premières fois, avec étonnement que chaque jour on prenait une centaine, tant de mulots que de campagnols, et cela dans une pièce de terre d'environ quarante arpents : j'en ai eu plus de deux milliers en trois semaines, depuis le 15 novembre jusqu'au 8 décembre, et ensuite en moindre nombre jusqu'aux grandes gelées, pendant lesquelles ils se recèlent et se nourrissent dans leur trou. Depuis que j'ai fait celte épreuve, il y a plus de vingt ans, je n'ai jamais manqué, toutes les fois que j'ai semé du bois, de me servir du même expédient, et jamais on n'a manqué de prendre des mulots en très-grand nombre; c'est surtout en automne qu'ils sont en si grande quantité; il y en a beaucoup moins au printemps , car ils se détruisent eux-mêmes pour peu que les vivres viennent à leur manquer pendant l'hiver; les gros mangent les petits. Ils mangent aussi les campagnols et même les grives, les merles et les autres oiseaux qu'ils trouvent pris aux lacets; ils commencent par la cervelle et finissent parle reste du cadavre. Nous avons mis dans un même vase douze de cas mulots vivants; on leur donnait à manger à huit heures du matin; un jour qu'on les oublia d'un quart d'heure, il y en eut un qui servit de pâture aux autres, le lendemain ils en mangèrent un autre, et, enfin, au bout de quelques jours il n'en resta qu'un seul; tous les autres avaient été tués et dévorés en partie, et celui qui resta le dernier avait luimême les pattes et la queue mutilées.

Le rat pullule beaucoup, le mulot pullule encore davantage; il produit plus d'une fois par an, et les portées sont souvent de neuf et dix , au lieu que celles du rat ne sont que de cinq ou six : un homme de ma campagne en prit un jour vingt-deux dans un seul trou ; il y avait deux mères et et vingt petits. Il est très-généralement répandu dans toute l'Europe; on le trouve en Suède, et c'est celui que M. Linnœus appelle a Mus caudâ longâ, corpore nigro flavescente, abdomine albo. Il est très-commun en France, en Italie, en Suisse; Gessner l'a appelé mus agrestis major b. Il est aussi en Allemagne et en Angleterre, où on le nomme feld-musz, fieldmause, c'est-à-dire rat des champs : il a pour ennemis les loups, les renards, les martes, les oiseaux de proie et lui-même.

a. Vide Linnaei , Faun.Suecic. Stockolmiae, 1746, p. 11.

b. Gessner, Hist. quadrup. , p. 733. Icon. animal, quadrup., p. 116.

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