‹ Œuvres complètes avec la nomenclature linnéenne et la classification de Cuvier, reviser et annotéesChapitre 116 sur 126 · voyez la a & oie. - Bu qne » pi espèces de chauves · texte numérisé non relu

voyez la a & oie. - Bu qne » pi espèces de chauves

souris Di mues s'est sln julièrement accru. DansCuTier,

rand famille, laquelle comprend jusqu'à quinte ou Bd e a sous-genres : les Roussettes , 1 s, les Noct lions, les Phykstome*

les Rhinop mes, les respertllions, les Oreili : ces genres est di venu une famU t, et la famille un

— il (Gmel.). - Ordi d Rongeurs; ■■ tiri Lo(r(CuT.).

châtres sous la gorge et le ventre; mais le lérot est d'un assez beau blanc, le loir n'est que blanchâtre , et le muscardin est plutôt jaunâtre que blanc dans toutes les parties inférieures.

C'est improprement que l'on dit que ces animaux dorment pendant l'hiver : leur état n'est point celui d'un sommeil naturel, c'est une torpeur, un engourdissement des membres et des sens , et cet engourdissement est produit par le refroidissement du sang. Ces animaux ont si peu de chaleur intérieure, qu'elle n'excède guère celle de la température de l'air '. Lorsque la chaleur de l'air est au thermomètre de dix degrés au-dessus de la congélation, celle de ces animaux n'est aussi que de dix degrés. Nous avons plongé la boule d'un petit thermomètre dans le corps de plusieurs lérots vivants : la chaleur de l'intérieur de leur corps était à peu près égale à la température de l'air ; quelquefois même, le thermomètre plongé, et, pour ainsi dire, appliqué sur le cœur, a baissé d'un demi-degré ou d'un degré, la température de l'air étant à onze. Or, l'on sait que la chaleur de l'homme , et de la plupart des animaux qui ont de la chair et du sang , excède en tout temps trente degrés2; il n'est donc pas étonnant que ces animaux, qui ont si peu de chaleur en comparaison des autres, tombent dans l'engourdissement dès que cette petite quantité de chaleur intérieure cesse d'être aidée par la chaleur extérieure de l'air, et cela arrive lorsque le thermomètre n'est plus qu'à dix ou onze degrés au-dessus de la congélation. C'est là la vraie cause de l'engourdissement de ces animaux3; cause que l'on ignorait, et qui cependant s'étend généralement sur tous les animaux qui dorment pendant l'hiver; car nous l'avons reconnue dans les loirs, dans les hérissons, dans les chauves-souris; et, quoique nous n'ayons pas eu occasion de l'éprouver sur la marmotte , je suis persuadé qu'elle a le sang froid comme les autres , puisqu'elle est comme eux sujette à l'engourdissement pendant l'hiver.

Cet engourdissement dure autant que la cause qui le produit, et cesse avec le froid; quelques degrés de chaleur au-dessus de dix ou onze suffisent pour ranimer ces animaux, et, si on les tient pendant l'hiver dans

1. Il faut distinguer la température de l'animal à l'état de veille de la température de l'animal à l'état d'hibernation , de sommeil d'hiver. A l'état de veille, la température du loir, du lérot , de la marmotte , etc. , est la même que celle de tous les autres mammifères; à l'état d'hibernation, lu température de l'animal engourdi n'excède guère celle de l'air. (Voyez la note de la page G17. )

2. La température de l'homme et des mammifères est de 32° Réaumur ( 38° cent. ). — Et cette température est constante, c'est-à-dire indépendante de la température extérieure. — Ce qui

> urticulier aux animaux hibernants , c'est que leur température, qui est aussi de 38°, tant qu'ils sont éveillés, tombe au degré de la température extérieure, dès qu'ils sont plongés dans leur sommeil d'hiver. (Voyez Saissy : Recherches sur les animaux hibernants, p. 14 et suiv. )

3. L'abaissement de la température extérieure est la cause provocatrice de l'engourdissement. — L'abaissement de la température propre il'- L'animal est l'effet ri non la cause de ['engourdisst nu-nt.

un lieu bien chaud, ils ne s'engourdissent point du tout; ils vont et viennent, ils mangent et dorment seulement de temps en temps, comme tous les autres animaux. Lorsqu'ils sentent le froid, ils se serrent et se mettent >.m boule pour offrir moins de surface à l'air et se conserver un peu de chaleur : c'est ainsi qu'on les trouve en hiver dans les arbres creux . dans ]es trous des murs exposés au midi ; ils y gisent en boule , et sans aucun mouvement, sur de la mousse et des feuilles : on les prend, on les tient, on les roule sans qu'ils remuent, sans qu'ils s'étendent; rien ne peut les faire sortir de leur engourdissement qu'une chaleur douce et graduée1; ils meurent lorsqu'on les met tout à coup près du feu; il faut, pour les dégourdir, ïes en approcher par degrés. Quoique dans cet état ils soient sans aucun mouvement, qu'ils aient les yeux fermés et qu'ils paraissent privés de tout usage des sens, ils sentent cependant la douleur lorsqu'elle est très-vive, une blessure2, une brûlure leur fait faire un mouvement de contraction et un petit cri sourd qu'ils répètent même plusieurs fois : la sensibilité intérieure subsiste donc aussi bien que l'action du cœur et des poumons. Cependant il est à présumer que ces mouvements vitaux ne s'exercent pas dans cet état de torpeur avec la même force, et n'agissenl pas avec la même puissance que dans l'état ordinaire ; la circulation 3 ne se fait probablement que dans les plus gros vaisseaux , la respiration est faible et lente, les sécrétions sont très-peu abondantes, les déjections nulles; la transpiration est presque nulle aussi, puisqu'ils passent plusieurs mois sans manger, ce qui ne pourrait être, si dans ce temps de diète ils perdaient de leur substance autant, à proportion, que dans les autres temps où ils la réparent en prenant de la nourriture. Ils en perdent cependant , puisque dans les hivers trop longs ils meurent dans leurs trous : peut-être aussi n'est-ce pas la durée, mais la rigueur du froid qui les fait périr; car, lorsqu'on les expose à une forte gelée, ils meurent en peu de temps1. Ce qui nie ferait croire que ce n'est pas la trop grande déperdition de substance qui les fait mourir dans les grands hivers , c'est qu'en automne ils sont excessivement gras, et qu'ils le sont encore lorsqu'ils se raniment au printemps : cette abondance de graisse est une nourriture intérieure qui suffit pour les entretenir et pour suppléer à ce qu'ils perdent par la transpiration.

1. Une rxritation extérieure quelconque Buffltpour les réveiller; nnis n no Bortent jamais <i< i m léthargie qu'ai] bout d'un certain temps et qu'après de grands efforts ^'inspiration.

2. On pi m o apei un rni mire à no loir ou a nu lérot ei rdi . • lus que L'animal paraisse

uffrir, lus qui] s'éveille imm édiatemmt, et sans que le sang coule. Je me suis assuré,

m- ce i animaux, que la cicatrisation B'opère parfaitement p tant l'Mier-

nation.

:t. La circulation esi presque entièrement suspendue; la respiration alternativement cesst

mi abondant) b.

'>■ .i i •' Ire, qu'un Voftf très-vif et soudain les réveillai

Au reste , comme le froid est la seule cause de leur engourdissement , et qu'ils ne tombent dans cet état que quand la température de l'air est audessous de dix ou onze degrés , il arrive souvent qu'ils se raniment même pendant l'hiver; car il y a des heures, des jours, et même des suites de jours, dans cette saison , où la liqueur du thermomètre se soutient à douze treize, quatorze, etc. degrés, et, pendant ce temps doux, les loirs sortent de leurs trous pour chercher à vivre, ou plutôt ils mangent les provisions qu'ils ont ramassées pendant l'automne, et qu'ils y ont transportées. Aristote a dit a, et tous les naturalistes ont dit après Aristote, que les loirs passent tout l'hiver sans manger, et que dans ce temps même de diète ils deviennent extrêmement gras , que le sommeil seul les nourrit plus que les aliments ne nourrissent les autres animaux. Le fait non-seulement n'est pas vrai , mais la supposition même du fait n'est pas possible. Le loir engourdi pendant quatre ou cinq mois ne pourrait s'engraisser que de l'air qu'il respire1 : accordons si l'on veut (et c'est beaucoup trop accorder) qu'une partie de cet air se tourne en nourriture , en résultera-t-il une augmentation si considérable? cette nourriture si légère pourra-t-elle même suffire à la déperdition continuelle qui se fait par la transpiration? Ce qui a pu faire tomber Aristote dans cette erreur, c'est qu'en Grèce, où les hivers sont tempérés, les loirs ne dorment pas continuellement, et que prenant de la nourriture, peut-être abondamment, toutes les fois que la chaleur les ranime, il les aura trouvés très-gras, quoique engourdis. Ce qu'il y a de vrai , c'est qu'ils sont gras en tout temps, et plus gras en automne qu'en été : leur chair est assez semblable à celle du cochon d'Inde. Les loirs faisaient partie de la bonne chère chez les Romains; ils en élevaient en quantité.Varron donne la manière de faire des garennes de loirs, et Apicius celle d'en faire des ragoûts: cet usage n'a point été suivi, soit qu'on ait eu du dégoût pour ces animaux, parce qu'ils ressemblent aux rats, soit qu'en effet leur chair ne soit pas de bien bon goût. J'ai ouï dire à des paysans qui en avaient mangé qu'elle n'était guère meilleure que celle du rat d'eau. Au reste, il n'y a que le loir qui soit mangeable; le lérot a la chair mauvaise et d'une odeur désagréable.

Le loir ressemble assez à l'écureuil par les habitudes naturelles; il habite comme lui les forêts, il grimpe sur les arbres, saute de branche en branche, moins légèrement à la vérité que l'écureuil, qui a les jambes plus longues, le ventre bien moins gros, et qui est aussi maigre que le loir est gras : cependant ils vivent tous deux des mêmes aliments; de la faîne, des noisettes, de la châtaigne, d'autres fruits sauvages, font leur nourriture ordinaire. Le loir mange aussi de petits oiseaux qu'il prend dans les nids;

a. Hist. animal., lib. via, cap. xvu.

1. Aristote s'est tout simplement trompé : les animaux hibernants sortent toi jours trtsamaigris de leur sommeil d'hiver.

il ne fait point de bauge au-dessus des arbres comme l'écureuil , mais il se fait un lit de mousse dans le tronc de ceux qui sont creux; il se gite aussi dans les fentes des rocbers élevés, et toujours dans des lieux secs; il craint l'humidité, boit peu et descend rarement à terre; il diffère encore de l'écureuil en ce que celui-ci s'apprivoise, et que l'autre demeure toujours ,-auvage. Les loirs s'accouplent sur la fin du printemps, ils font leurs petits en été , les portées sont ordinairement de quatre ou de cinq ; ils croissent vile, et l'on assure qu'ils ne vivent que six ans. En Italie, où l'on est encore dans l'usage de les manger, on fait des fosses dans les bois, que l'on tapisse de mousse, qu'on recouvre de paille, et où l'on jette de la faine; on choisit un lieu sec à l'abri d'un rocher exposé au midi, les loirs s'y rendent en nombre, et on les y trouve engourdis vers la fin de l'automne; c'est le temps où ils sont les meilleurs à manger. Ces petits animaux sont courageux, et défendent leur vie jusqu'à la dernière extrémité; ils ont les dents de devant très-longues et très-fortes, aussi mordent-ils violemment; ils ne craignent ni la belette ni les petits oiseaux de proie, ils échappent au renard, qui ne peut les suivre au-dessus des arbres; leurs plus grands ennemis sont les chats sauvages et les martes.

Cette espèce n'est pas extrêmement répandue; on ne la trouve point dans les climats très-froids, comme la Laponie, la Suède, du moins les naturalistes du Nord n'en parlent point : l'espèce de loir qu'ils indiquent est le muscardin, la plus petite des trois. Je présume aussi qu'on ne les trouve pas dans les climats très-chauds , puisque -les voyageurs n'en font aucune mention : il n'y a que peu ou point de loilfl dans les pays découverts, comme l'Angleterre, il leur faut un climat tempéré et un pays couvert de bois; on en trouve en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, en Allemagne, en Suisse, où ils habitent dans les forêts, sur les collines, et non pas au-dessus des hautes montagnes, comme les marmottes, qui, quoique sujettes à s'engourdir par le froid, semblent chercher la neige et les frimas.

LE LEUOT.*

Le loir demeure dans les forêts, et semble fuir nos habitations; le lérota au contraire, habite nos jardins et se trouve quelquefois dans nos maisons; l'espèce en est aussi plus nombreuse, plus généralement répandue, el il y a peu <lc jardins qui n'en soient infestés. Ils se nichent dans le-- trous des murailles, ils courenl sur les arbres en espalier, choisissent les meilleurs

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fruits, et les entament tous dans le temps qu'ils commencent à mûrir; ils semblent aimer les pêches de préférence, et si, l'on veut en conserver, il faut avoir grand soin de détruire les lérots; ils grimpent aussi sur les poiriers, les abricotiers, les pruniers; et si les fruits doux leur manquent, ils mangent des amandes, des noisettes, des noix, et même des graines légumineuses; ils en transportent en grande quantité dans leurs retraites, qu'ils pratiquent en terre, surtout dans les jardins soignés, car dans les anciens vergers on les trouve souvent dans de vieux arbres creux ; ils se font un lit d'herbes, de mousse et de feuilles. Le froid les engourdit, et la chaleur les ranime; on en trouve quelquefois huit ou dix dans le même lieu, tous engourdis, tous resserrés en boule au milieu de leurs provisions de noix et de noisettes.

Ils s'accouplent au printemps, produisent en été, et font cinq ou six petits qui croissent promptement, mais qui cependant ne produisent euxmêmes que dans l'année suivante. Leur chair n'est pas mangeable comme celle du loir ; ils ont même la mauvaise odeur du rat domestique, au lieu que le loir ne sent rien; ils ne deviennent pas aussi gras, et manquent des feuillets graisseux qui se trouvent danL le loir, et qui enveloppent la masse entière des intestins. On trouve des lérots dans tous les climats tempérés de l'Europe, et même en Pologne, en Prusse, mais il ne paraît pas qu'il y en ait en Suède ni dans les pays septentrionaux.

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