‹ Œuvres complètes avec la nomenclature linnéenne et la classification de Cuvier, reviser et annotéesChapitre 115 sur 126 · La chrysochîore du Cn]>, ou taupe dorée · texte numérisé non relu

La chrysochîore du Cn]>, ou taupe dorée

B, il v a des tavpei tout blanches : c'est Valblnttme complet; et des taupes tachées de noir el de blanc: c'est le ieml-albini$mt. • Vuperti le murinui (i.inu. ). — Ordre des Curnissicis; famille des Chéiroptères; genre

( l,.iw ■■ owit (<aiv.)

dire, un être monstre, en ce que, réunissant les attributs de deux genres si différents , il ne ressemble à aucun des modèles que nous offrent les grandes classes de la nature. Il n'est qu'imparfaitement quadrupède , et il est encore plus imparfaitement oiseau. Un quadrupède doit avoir quatre pieds, un oiseau a des plumes et des ailes; dans la chauve-souris, les pieds de devant ne sont ni des pieds ni des ailes, quoiqu'elle s'en serve pour voler, et qu'elle puisse aussi s'en servir pour se traîner : ce sont, en effet, des extrémités difformes dont les os sont monstrueusement allongés, et réunis par une membrane qui n'est couverte ni de plumes, ni même de poils, comme le reste du corps : ce sont des espèces d'ailerons, ou, si l'on veut, des pattes ailées où l'on ne voit que l'ongle d'un pouce court, et dont les quatre autres doigts très-longs ne peuvent agir qu'ensemble, et n'ont point de mouvements propres, ni de fonctions séparées : ce sont des espèces de mains dix fois plus grandes que les pieds, et en tout quatre fois plus longues que le corps entier de l'animal : ce sont, en un mot, des parties qui ont plutôt l'air d'un caprice que d'une production régulière. Cette membrane couvre les bras, forme les ailes ou les mains de l'animal , se réunit à la peau de son corps, et enveloppe en même temps ses jambes, et même sa queue qui, par cette jonction bizarre, devient, pour ainsi dire, l'un de ses doigts. Ajoutez à ces disparates et à ces disproportions du corps et des membres les difformités de la tête, qui souvent sont encore plus grandes; car, dans quelques espèces, le nez esta peine visible, les yeux sont enfoncés tout près de la conque de l'oreille, et se confondent avec les joues; dans d'autres, les oreilles sont aussi longues que le corps, ou bien la face est tortillée en forme de fer à cheval, et le nez recouvert par une espèce de crête. La plupart ont la tête surmontée par quatre oreillons; toutes ont les yeux petits, obscurs et couverts, le nez ou plutôt les naseaux informes, la gueule fendue de l'une à l'autre oreille; toutes aussi cherchent à se cacher, fuient la lumière, n'habitent que les lieux ténébreux, n'en sortent que la nuit, y rentrent au point du jour pour demeurer collées contre les murs. Leur mouvement dans l'air est moins un vol qu'une espèce devoltigement incertain qu'elles semblent n'exécuter que par effort et d'une manière gauche; elles s'élèvent de terre avec peine, elles ne volent jamais à une grande hauteur, elles ne peuvent qu'imparfaitement précipiter, ralentir, ou même diriger leur vol; il n'est ni très-rapide ni bien direct, il se fait par des vibrations brusques dans une direction oblique et tortueuse; elles ne laissent pas de saisir en passant les moucherons, les cousins, et surtout les papillons phalènes qui ne volent que la nuit; elles les avalent, pour ainsi dire, tout entiers, et l'on voit dans leurs excréments les débris des ailes et des autres parties sèches qui ne peuvent se digérer. Étant un jour descendu dans les grottes d'Arcy pour en examiner les stalactites, je fus surpris de trouver sur un terrain tout couvert d'albâtre, et

dans un lieu si ténébreux et si profond, une espèce de terre qui était d'une toute autre nature : c'était un tas épais et large de plusieurs pieds d'une matière noirâtre, presque entièrement composée de portions d'ailes et de pattes de mouches et de papillons, comme si ces insectes se fussent rassemblés en nombre immense et réunis dans ce lieu pour y périr et pourrir ensemble. Ce n'était cependant autre chose que de la fiente de chauvessouris, amoncelée probablement pendant plusieurs années dans l'endroit de ces voûtes souterraines, qu'elles habitaient de préférence; car dans toute l'étendue de ces grottes, qui est de plus d'un demi-quart de lieue, je ne vis aucun autre amas d'une pareille matière, et je jugeai que les chauvessouris avaient fixé dans cet endroit leur demeure commune, parce qu'il y parvenait encore une très-faible lumière par l'ouverture de la grotte, et qu'elles n'allaient pas plus avant pour ne pas s'enfoncer dans une obscurité trop profonde.

Les chauves-souris sont de vrais quadrupèdes ; elles n'ont rien de commun que le vol avec les oiseaux; mais comme l'action de voler suppose une très-grande force dans la partie supérieure, du corps et dans les membres antérieurs, elle ont les muscles pectoraux beaucoup plus forts et plus charnus qu'aucun des quadrupèdes, et l'on peut dire que par là elles ressemblent encore aux oiseaux: elles en diffèrent par tout le reste de la conformation, tant extérieure qu'intérieure; les poumons, le cœur, les organe> de la génération, tous les autres viscères, sont semblables à ceux des quadrupèdes, à l'exception de la verge qui est pendante et détachée, ce qui est particulier à l'homme, aux singes et aux chauves-souris; elles produisent, comme les quadrupèdes, leurs petits vivants ; enfin elles ont, comme eux , des dents et des mamelles : l'on assure qu'elles ne portent que deux petits, qu'elles les allaitent et les transportent même en volant. C'est en été qu'elles s'accouplent et qu'elles mettent bas, car elles sont engourdies pendant l'hiver : les unes se recouvrent de leurs ailes comme d'un manteau , s'accrochent à la voûte de leur souterrain par les pieds de derrière, et demeurenl ainsi suspendues; les autres se collent contre les murs ou se recèlent dans des trous; elles sont toujours en nombre pour se défendre du froid : toutes passent l'hiver sans bouger, sans manger, ne se réveillent qu'au printemps, et se recèlent de nouveau vers la lin de l'automne. Elles supportent plus aisément la diète que le froid, elles peuvent passer plusieurs jours suis manger, et cependant elles sont du n bre des animaux carnassier-; car lorsqu'elles peuvent entrer dans une office , elles s'attachent aux quartiers de lard qui y sont suspendus, et elles mangent aussi de la viande crue ou cuite, fraîche on corrompue.

Les naturalistes qui nous ont précédés ne connaissaient «pie deux espèces de chauve-souris. M. Daubenton en a trouvé cinq autres qui sont, aussi

bien (pic le- deux pi emières espèces, naturelles à noire elimal ; elles \ sont

même aussi communes, aussi abondantes, et il est assez étonnant qu'aucun observateur ne les eût remarquées. Ces sept espèces sont très- distinctes, très -différentes les unes des autres, et n'habitent même jamais ensemble dans le même lieu.

La première, qui était connue, est la chauve-souris commune, ou la chauve-souris proprement dite l.

La seconde est la chauve-souris à grandes oreilles, que nous nommerons l'oreillard-, qui a aussi été reconnue par les naturalistes et indiquée par les nomenclateurs a. L'oreillard est peut-être plus commun que la chauve-souris : il est bien plus petit de corps; il a aussi les ailes beaucoup plus courtes, le museau moins gros et plus pointu , les oreilles d'une grandeur démesurée.

La troisième espèce, que nous appellerons la nodule 3, du mot italien noltula, n'était pas connue, cependant elle est très-commune en France, et on la rencontre même plus fréquemment que les deux espèces précédentes. On la trouve sous les toits , sous les gouttières de plomb des châteaux, des églises, et aussi dans les vieux arbres creux. Elle est presque aussi grosse que la chauve-souris; elle a les oreilles courtes et larges, le poil roussâtre, la voix aigre, perçante, et assez semblable au son d'un timbre de fer.

Nous nommerons sèrotinei la quatrième espèce, qui n'était nullement connue; elle est plus petite que la chauve-souris et que la noctule; elle est à peu près de la grandeur de l'oreillard, mais elle en diffère par les oreilles qu'elle a courtes et pointues, et par la couleur du poil; elle a les ailes plus noires et le poil d'un brun plus foncé.

Nous appellerons la cinquième espèce, qui n'était pas connue , la pipistrelle 5, du mot italien pipistrello , qui signifie aussi chauve-souris. La pipistrelle n'est pas, à beaucoup près, aussi grosse que la chauve-souris ou la noctule, ni même que la sérotine ou l'oreillard : de toutes les chauvessouris, c'est la plus petite et la moins laide, quoiqu'elle ait la lèvre supérieure fort renflée , les yeux très-petits, très-enfoncés , et le front très-couvert de poil.

La sixième espèce, qui n'était pas connue, sera nommée burbastclle 6, du mot italien barbastello , qui signifie encore chauve-souris. Cet animal est à peu près de la grosseur de l'oreillard; il a les oreilles aussi larges, mais bien moins longues: le nom de barbastelle lui convient d'autant mieux qu'il

a. Vespertilio. Aldrovand. Avi., p. 571. Vespertilio auriculis qualernis. Jonst. Avi. , p. 34. Vespertilio vulgaris, auriculis duplicibus. Klein , de quadrvp- , p. Cl. La pctiie chauve-souris de notre pays. Vespertilio murini coloris, pedibus omnibus penta- Jactylis, auriculis duplicibus Vespertilio tninor. Brisson, Règn. anim. , p. 226

1. Vespertilio Murinus (Linn.). — 2. Vespertilio auritus (Linn.)

3. Vespertilio noctula (Linn. ). — 4. Vespertilio serotinus (Linn.).

5. Vespertilio pipistrelus (Gmel. ). — 6. Vespertilio barlastclus (Gmel.).

paraît avoir une grosse moustache, ce qui cependant n'est qu'une apparence occasionnée par le renflement des joues qui forment un bourrelel au-dessus des lèvres; il a le museau très-court, le nez fort aplati et les veux presque dans les oreilles.

Enfin , nous nommerons fer-à-cfieval « une septième espèce qui n'était nullement connue; elle est très-frappante par la singulière difformité de sa face , dont le trait le plus apparent et le plus marqué est un bourrelet en forme de fer à cheval autour du nez et sur la lèvre supérieure; on la trouvi très-communément en France, dans les murs et dans les caveaux des vieux châteaux abandonnés. Il y en a de petites et de grosses , mais qui sont au reste si semblables par la forme, que nous les avons jugées de la même espèce; seulement , comme nous en avons beaucoup vu sans en trouver de grandeur moyenne entre les grosse* et les petites , nous ne décidons pas si l'âge seul produit cette différence, ou si c'est une variété constante dans la même espèce 2.

Nous connaissons trois espèces de loirs, qui, comme la marmotte, dorment pendant l'hiver : le loir, le lérot et le muscardin ; le loir est le plus gros des trois, le muscardin est le plus petit. Plusieurs auteurs ont confondu l'une de ces espèces avec les deux autres, quoiqu'elles soient toutes trois très-distinctes, et par conséquent très-aisées à reconnaître et à distinguer. Le loir est à peu près de la grandeur de l'écureuil ; il a, comme lui , la queue couverte de longs poils; le lérot n'est pas si gros que Le rat . il a la queue couverte de poils très-courts, avec un bouquet de poils longs à l'extrémité; le muscardin n'est pas plus gros que la souris, il a la queue couverte de poils plus longs que le lérot, mais plus courts que le loir, avec un gros bouquet de longs poils à l'extrémité. Le lérot diffère des deux autres par les marques noires qu'il a près des yeux , et le muscardin par la couleur blonde de son poil sur le dos. Tous trois sont blancs ou Man-

, rj y ;, .!, chauves-souris fer-à cheval: Le grand fer-à-cheval ( VespertWo

ferrum equinum. Linn. - fthinolophus unihastatus. Geoff.), et 1.' pet» fer-à-cheval (ffltfnolophus bihastatus. Geoff.). .

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