‹ Œuvres complètes avec la nomenclature linnéenne et la classification de Cuvier, reviser et annotéesChapitre 121 sur 126 · J2 L'OL'RS · texte numérisé non relu

J2 L'OL'RS

L'ours est non-seulement sauvage, mais solitaire; il fuit par instinct toute société, il s'éloigne des lieux où les hommes ont accès, il ne se trouve à son aise que dans les endroits qui appartiennent encore à la vieille nature; une caverne antique dans des rochers inaccessibles, une grotte formée par le temps dans le tronc d'un vieux arbre, au milieu d'une épaisse forêt, lui servent de domicile; il s'y retire seul, y passe une partie de l'hiver sans provisions, sans en sortir pendant plusieurs semaines. Cependant il u'est point engourdi ni privé de sentiment, comme le loir ou la marmotte; niais comme il est naturellement gras, et qu'il l'est excessivement sur la lin de l'automne, temps auquel il se recèle, cette abondance de graisse lui fait supporter l'abstinence, et il ne sort de sa bauge que lorsqu'il se sent affame . On prétend que c'est au bout d'environ quarante jours a que les mâles sortent de leurs retraites, mais que les femelles y restent quatre mois, parce qu'elles y font leurs petits. J'ai peine à croire qu'elles puissent non-seulement subsister, mais encore nourrir leurs petits, sans prendre elles-mêmes aucune nourriture pendant un aussi long espace de temps. On convient qu'elles sont excessivement grasses lorsqu'elles sont pleines, que d'ailleurs, étant vêtues d'un poil très-épais, dormant la plus grande partie du temps, et ne se donnant aucun mouvement, elles doivent perdre très-peu par la transpiration; mais s'il est vrai que les mâles sortent au bout de quarante jouis, pressés par le besoin de prendre de la nourriture, il n'est pas naturel d'imaginer que les femelles ne soient pas encore plus pressées du même besoin après qu'elles ont mis bas, cl lorsque, allaitant leurs petits, elles se trouvent doublement épuisées; à moins que l'on ne veuille supposer qu'elles en dévorent quelques-uns avec les enveloppes, et tout le reste du produit superflu de leur accouchement, ce qui ne me paraît pas vraisemblable, malgré l'exemple des chattes, qui mangent quelquefois leurs petits. Au reste, nous; ne parlons ici que de l'espèce des ours bruns, dont les mâles dévorent en effet les oursons nouveau-nés, lorsqu'ils les trouvent dans leurs nids, mais les femelles, au contraire, semblent les aimer jusqu'à la fureur; elles sont, lorsqu'elles ont mis bas, plus féroces, plus dangereuses que les mâles; elles combattent cl s'exposent à tout pour sauver leurs petits, qui ne sont point informes en naissant ', comme l'ont dit les ancien-, cl qui, lorsqu'ils sont nés, croissent à peu près aussi vite que les autre- animaux; ils sont parfaitement formés' dans le sein de leur mère, et si les

(t. Ari tôt. Hist. anim.,lib. vin, cap xyh.

b. « in Mu eo lllu t. Senatùs Bououicnsis ursulum a cœsomatri utero extractum , et oniniu part] 'iiim, in va e vitreo hum,. » Mdrov. de quadrvp, <n<jit ,

i. " ii ' lie fait depuis un jusqu'à trois petits : leur poil court el lu tré, les fait paraître « beaucoup plus jolis que les adultes, ce qui réfute la rable ad ptée par les auciens, que

: I al fini , et <• pi al ta figure de leur i Bpèce qu'à fori e d'il i léchéi par

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fœtus ou les jeunes oursons ont paru informes au premier coup d'œil, c'est que l'ours adulte l'est lui-même par la masse, la grosseur et la dispro portion du corps et des membres; et l'on sait que, dans toutes les espèces, le fœtus ou le petit nouveau-né est plus disproportionné que l'animal adulte.

Les ours se recherchent en automne; la femelle est, dit-on, plus ardente que le mâle : on prétend qu'elle se couche sur le dos pour le recevoir, qu'elle l'embrasse étroitement, qu'elle le retient longtemps, etc., mais il est plus certain qu'ils s'accouplent à la manière des quadrupèdes. L'on a vu des ours captifs s'accoupler, et produire; seulement on n'a pas observé combien dure le temps de la gestation l. Aristote a dit qu'il n'est que de trente jours; comme personne n'a contredit ce fait, et que nous n'avons pu le vérifier, nous ne pouvons aussi ni le nier ni l'assurer; nous remarquerons seulement qu'il nous parait douteux : 1° parce que l'ours est un gros animal, et que, plus les animaux sont gros, plus il faut de temps pour les former dans le sein de la mère; 2° parce que les jeunes ours croissent assez lentement; ils suivent leur mère, et ont besoin de ses secours pendant un an ou deux; 3" parce que l'ours ne produit qu'en petit nombre, un deux, trois, quatre, et jamais plus de cinq; propriété commune avec tous les gros animaux, qui ne produisent pas beaucoup de petits, et qui les portent longtemps; 4° parce que l'ours vit vingt ou vingt-cinq ans, et que le temps de la gestation et celui de l'accroissement sont ordinairement proportionnés à la durée de la vie 2. A ne raisonner que sur ces analogies, qui me paraissent assez fondées, je croirais donc que le temps de la gestation dans l'ours est au moins de quelques mois : quoi qu'il en soit, il paraît que la mère a le plus grand soin de ses petits ; elle leur prépare un lit de mousse et d'herbes dans le fond de sa caverne, et les allaite jusqu'à ce qu'ils puissent sortir avec elle : elle met bas en hiver, et ses petits commencent à la suivre au printemps. Le mâle et la femelle n'habitent point ensemble, ils ont chacun leur retraite séparée, et même fort éloignée : lorsqu'ils ne peuvent trouver une grotte pour se giter, ils cassent et ramassent du bois pour se faire une loge qu'ils recouvrent d'herbes et de feuilles, au point de la rendre impénétrable à l'eau.

La voix de l'ours est un grondement, un gros murmure, souvent mêlé d'un frémissement de dents qu'il fait surtout entendre lorsqu'on l'irrite; il est très-susceptible de colère, et sa colère lient toujours de la fureur, eî souvent du caprice : quoiqu'il paraisse doux pour son maître, et même obéissant lorsqu'il est apprivoisé, il faut toujours s'en défier et le traiter avec circonspection, surtout ne le pas frapper au bout du nez, ni le toucher

a. Aristot. Hist. anim. , lib. vi , cap. xxx.

l. La gestation de Yours dure sept mois. L'ours a souvent produit dans notre ménagerie 2 Voyez la note de la page j3] .

aux parties de la génération. On lui apprend à se tenir debout, à gesticuler, à danser; il semble même écouter le son des instruments et suivre grossièrement la mesure; mais pour lui donner celte espèce d'éducation il faut le prendre jeune, et le contraindre pendant toute sa vie; l'ours qui a de l'âge ne s'apprivoise ni ne se contraint plus ; il est naturellement intrépide, ou tout au moins indifférent au danger. L'ours sauvage ne se détourne pas de son chemin, ne fuit pas à l'aspect de l'homme; cependant on prétend que par un coup de sil'llel a on le surprend, on l'étonné au point qu'il s'arrête et se lève sur les pieds de derrière. C'est le temps qu'il faut prendre pour le tirer, et tâcher de le tuer; car, s'il n'est que blessé , il vient de furie se jeter sur le tireur, et l'embrassant des pattes de devant, il F étoufferait *, s'il n'était secouru.

On chasse et on prend les ours de plusieurs façons en Suède, en Norvège, en Pologne, etc. La manière, dit-on, la moins dangereuse de les prendre c est de les enivrer en jetant de l'cau-de-vie sur le miel, qu'ils aiment beaucoup, et qu'ils cherchent dans les troncs d'arbres. A la Louisiane et en Canada, où les ours noirs sont très-communs , et où ils ne nichent pas dans des cavernes, mais dans de vieux arbres morts sur pied , et dont le cœur est pourri, on les prend en mettant le feu dans leurs maisons d : comme ils montent très-aisément sur les arbres, ils s'établissent îarement à rez de terre, et quelquefois ils sont nichés à trente et quarante pieds de hauteur. Si c'est une mère avec ses petits, elle descend la première, on la lue avant qu'elle soit à terre; les petits descendent ensuite, on les prend en leur passant une corde au cou, et on les emmène pour les élever ou pour les manger, car la chair de l'ourson est délicate et bonne; celle de l'ours est mangeable, mais comme elle est mêlée d'une graisse huileuse, il n'y a guère que les pieds, dont la substance est plus ferme, qu'on puisse regarder comme une viande délicate.

La cbusse de l'ours, sans être fort dangereuse, est très-utile lorsqu'on la fait avec quelque succès; la peau est de toutes les fourrures grossières (elle qui a le plus de prix, et la quantité d'huile que l'on tire d'un seul ours est fort considérable. On met d'abord la chair et la graisse cuire cnsemble dans une chaudière, la grais>e se sépare; ((ensuite, dit M. du « Pralz », on la purifie en y jetant, lorsqu'elle e>t fondue et très-chaude, « du sel en bonne quantité et de l'eau par aspersion : il se l'ait une délona- « lion, et il s'en élève une fumée épaisse qui emporte avec elle la mauvaise « odeur de la graisse : la fumée étant passée, et la graisse étant encore plus

a. Voyages de Regnard, t. I, pages 37 et :is.

0 Id.ibid, Histoire de la Louisiane, par .M- 1'' Page do Pratz, t. il, p. 81. c Voyages de Regnard, t. I , p. B8.

</. Mémoires .sur lu Louisiane, par M. Dumont. Paris, 17B8, p. ~j et suiv. liisiuirc de la i lane , |i a m le Pa <■ du Pratz , t. n , p. *i. e. t. n , pages B8 .t oo.

« que tiède, on la verse dans un pot où on la laisse reposer huit ou dix « jours; au bout de ce temps on voit nager dessus une huile claire, qu'on « enlève avec une cuiller; cette huile est aussi bonne que la meilleure « huile d'olive, et sert aux mêmes usages. Au-dessous on trouve un sainte doux aussi blanc, niais un peu plus mou que le saindoux de porc; il sert « au besoin de la cuisine, et il ne lui reste aucun goût désagréable, ni « aucune mauvaise odeur. » M. Dumont, dans ses Mémoires sur la Louisiane, s'accorde avec M. du Pratz, et il dit, de plus, que d'un seul ours on tire quelquefois plus de cent vingt pots de cette huile ou graisse; que les sauvages en traitent beaucoup avec les Français; qu'elle est très-belle, trèssaine et très-bonne; qu'elle ne se fige guère que par un grand froid , que , quand cela arrive, elle est toute en grumeaux et d'une blancheur à éblouir ; qu'on la mange alors sur le pain en guise de beurre. Nos épiciers-droguistes ne tiennent point d'huile d'ours, mais ils font venir de Savoie, de Suisse ou de Canada, de la graisse ou axonge qui n'est pas purifiée. L'auteur du Dictionnaire du Commerce dit même que, pour que la graisse d'ours soit bonne, il faut qu'elle soit grisâtre, gluante et de mauvaise odeur, et que celle qui est trop blanche est sophistiquée et mêlée de suif. On se sert de cet!e graisse comme de topique pour les hernies, les rhumatismes, etc., et beaucoup de gens assurent en avoir ressenti de bons effets.

La quantité de graisse dont l'ours est chargé le rend très-léger à la nage, aussi travcrse-t-il sans fatigue des fleuves et des lacs. « Les ours de la Loui- « siane, dit M. Dumont a, qui sont d'un très-beau noir, traversent le fleuve « malgré sa grande largeur; ils sont très-friands du fruit des plaquemi- « niers; ils montent sur ces arbres, se mettent à califourchon sur une brance che, s'y tiennent avec une de leurs pattes, et se servent de l'autre pour « plier les autres branches et approcher d'eux les plaquemines ; ils sortent «. aussi très-souvent des bois pour venir dans les habitations manger les « patates et le maïs. » En automne, lorsqu'ils se sont bien engraissés, ils n'ont presque pas la force de marcher 6, ou du moins ils ne peuvent courir c aussi vite qu'un homme. Ils ont quelquefois plus de dix doigts d'épaisseur d de graisse aux côtes et aux cuisses; le dessous de leurs pieds est gros et enflé; lorsqu'on le coupe , il en sort un suc blanc et laiteux : cette partie paraît composée de petites glandes qui sont comme des mamelons, et c'est ce qui fait que pendant l'hiver, dans leurs retraites, ils sucent continuellement leurs pattes.

L'ours a les sens de la vue, de l'ouïe et du toucher très-bons, quoiqu'il

a. Mémoire sur la Louisiane, p. 7G.

b. Voyage du baron de la IJontan , p. 80.

c. Histoire de la Louisiane, par M. du Piatz, p. 83.

d. Extrait d'un ouvrage danois cité par MM. Arnault de Noblcville et Salerne. Ilist. nat. des animaux. Paris, 1757, t. VI, p. 374.

CiG L'OURS

ait l'œil très- polit, relativement au volume de son corps, les oreilles courtes, la peau épaisse et le poil fort touffu : il a l'odorat excellent, et peut-être plus exquis qu'aucun autre animal, caria surface intérieure de cet organe se trouve extrêmement étendue : on y compte ° quatre rangs de plans de lames osseuses, séparés les uns des autres par trois plans perpendiculaires, ce qui multiplie prodigieusement les surfaces propres à recevoir les impressions des odeurs. 11 a les jambes et les bras charnus comme l'homme, l*os du talon court et formant une partie de la plante du pied, cinq orteils opposés au talon dans les pieds de derrière , les os du carpe égaux dans les pieds de devant; mais le pouce n'est pas séparé, et le plus gros doigt est en dehors de cette espèce de main, au lieu que dans celle de l'homme il est en dedans; ses doigts sont gros, courts et serrés l'un contre l'autre, aux mains comme aux pieds; les ongles sont noirs, et d'une substance homogène fort dure. Il frappe avec ses poings, comme l'homme avec les siens; mais ces ressemblances grossières avec l'homme, ne le rendent que plus difforme, et ne lui donnent aucune supériorité sur les autres animaux.

Autant l'homme s'est élevé au-dessus de l'état de nature, autant les animaux se sont abaissés au-dessous : soumis et réduits en servitude, ou traités comme rebelles et dispersés par la force, leurs sociétés se sont évanouies, leur industrie est devenue stérile, leurs faibles arts ont disparu, chaque espèce a perdu ses qualités générales, et tous n'ont conservé que leurs propriétés individuelles, perfectionnées dans les uns par l'exemple, l'imitation, l'éducation, et dans les autres par la crainte et par la nécessité où ils sont de veiller continuellement à leur sûreté. Quelles vues, quels desseins, quels projets peuvent avoir des esclaves sans âme, ou des relégués sans puissance? ramper ou Cuir, et toujours exister d'une manière solitaire, ne rien édifier, ne rien produire, ne rien transmettre, et toujours languir dans la calamité, déchoir, se perpétuer sans se multiplier, perdit-, en un mot, par la durée autant el plus qu'ils n'avaient acquis par le temps.

Aussi ne reste-t-il quelques vestiges de leur merveilleuse industrie que

dans ces contrées éloignées et désertes, ig 'éesde l'homme pendant une

longue suite de siècle-, où chaque espèce pouvail manifester en liberté ses talents naturels et les perfectionner dans le repos en se réunissant en

a. Etienne Lorentinu , Éphétn d'Allem, Décur. t, ann. u et i, p. 408, cita" par mm. Ai- Llle ' i Salerne. Uitt. mit. du anim. , t. VI, p. mg.

' Castoi ftbn Linn. ). Ordre ies Rongeurs ; genre Castor (Guy.).

société durable. Les castors sont peut-être le seul exemple qui subsiste comme un ancien monument de cette espèce d'intelligence des brutes ', qui, quoique infiniment inférieure par son principe à celle de l'homme, suppose cependant des projets communs et des vues relatives; projets qui ayant pour base la société, et pour objet une digue à construire, une bourgade à élever, une espèce de république à fonder, supposent aussi une manière quelconque de s'entendre et d'agir de concert.

Les castors, dira-t-on, sont parmi les quadrupèdes ce que les abeilles sont parmi les insectes. Quelle différence! Il y a dans la nature, telle qu'elle nous est parvenue, trois espèces de sociétés qu'on doit considérer avant de les comparer : la société libre de l'homme, de laquelle, après Dieu, il tient toute sa puissance; la société gênée des animaux, toujours fugitive devant celle de l'homme; et, enfin, la société forcée de quelques petites bêtes, qui, naissant toutes en même temps dans le même lieu , sont contraintes d'y demeurer ensemble. Un individu, pris solitairement et au sortir des mains de la nature, n'est qu'un être stérile, dont l'industrie se borne au simple usage des sens; l'homme lui-même, dans l'état de pure nature, dénué de lumières et de tous les secours de la société, ne produit rien, n'édifie rien. Toute société, au contraire, devient nécessairement féconde, quelque fortuite, quelque aveugle qu'elle puisse être, pourvu qu'elle soit composée d'êtres de même nature : par la seule nécessité de se chercher ou de s'éviter, il s'y formera des mouvements communs dont le résultat sera souvent un ouvrage qui aura l'air d'avoir été conçu, conduit et exécuté avec intelligence. Ainsi l'ouvrage des abeilles qui, dans un lieu donné, tel qu'une ruche ou le creux d'un vieux arbre, bâtissent chacune leur cellule2; l'ouvrage des mouches de Cayenne, qui non-seulement font aussi leurs cellules, mais construisent même la ruche qui doit les contenir, sont des travaux purement mécaniques qui ne supposent aucune intelligence, aucun projet concerté, aucune vue générale; des travaux qui n'étant que le produit d'une nécessité physique, un résultat de mouvements communs0, s'exercent toujours de la même façon, dans tous les temps et dans tous les lieux, par une multitude qui ne s'est point assemblée par choix, mais qui se trouve réunie par force de nature. Ce n'est donc pas la société, c'est le nombre seul qui opère ici; c'est une puissance aveugle qu'on ne peut comparer à la lumière qui dirige toute société : je ne parle point de cette lumière pure, de ce rayon divin qui n'a été départi qu'à l'homme seul ; les castors en sont assurément privés, comme tous les autres animaux ; mais leur société

a. Voyez les preuves que j'eu ai données dans le Discours sur la nature des animaux.

1. Il y a, en effet, dans certains animaux, dans le chien, dans le cheval, dans Ydléphant, par exemple, une espèce d'intelligence ; le castor n'a que de l'instinct.

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