II
des différents pays, on trouve que les chiens des pays Froids ont tous !
museau long et les oreilles droites; que ceux de la Laponie " sonl petits, qu'ils ont le poil long, les oreilles droites, et le museau pointu; que ceu\ de Sibérie et ceux que l'on appelle chiens-loups sont plus gros que ceux de Laponie, mais qu'ils ont de même les oreilles droites, le poil rude et le museau pointu; que ceux d'Islande sont aussi, à très-peu près, semblables àceux de Sibérie, et que de même, dans les climats chauds, comme au cap de Bonne-Espérance b , les chiens naturels du pays ont le museau pointu, les oreilles droites, la queue longue et traînante à terre, le poil clair, mais long et toujours hérissé; que ces chiens sont excellents pour garder les troupeaux, et que par conséquent ils ressemblent non-seulement par la figure, mais encore par l'instinct, à nos chiens de berger; que dans d'autres climats encore plus chauds, comme à Madagascar0, à Maduré4, à Calicut" , à Malabar t, les chiens originaires de ces pays ont tous le museau long, les oreilles droites, et ressemblent encore à nos chiens de berger; (pie quand même on y transporte des mâtins , des épagneuls, des barbets, des dogues, des chiens courants, des lévriers, etc., ils dégénèrent à la seconde ou à la troisième génération ; qu'enfin dans les pays excessivement chauds, comme en Guinée?, cette dégénération e>t encore plus prompte, puisqu'au bout de trois ou quatre ans ils perdent leur voix, qu'ils n'aboient plus, mais hurlent tristement , qu'ils ne produisent plus que des chiens à oreilles droites comme celles des renards; que les chiens du pays sont fort laids, qu'ils ont le museau pointu, les oreilles longues et droite-;, la queue longue et pointue, sans aucun poil, la peau du corps une, ordinairement tachetée, et quelquefois d'une seule couleur, qu'enfin ils sont désagréables à la vue, et plus encore au toucher.
On peut donc déjà présumer avec quelque vraisemblance que le chien de berger est, de tous les chiens, celui qui approche le plus de la race primitive de celle espèce, puisque dans tous les pays habités par des hommes sauvages, ou même à demi civilisés, les chiens ressemblent à celle sorte de chiens plus qu'à aucune autre; que dans le continent entier du nouveau monde il n'y en avait pas d'autres '; qu'on les retrouve seuls de même au
a. Voyage de La Martiniire. Paris, 1G71 , p. 73. /; Ccuio vagantt. Parma , 1691, voL li ,
ii. Description du Cap de lion . ■ /.' , Itnsterd im, itii , pri mière partie,
c B04. c Voyo Flacourt. Paris, L661 , p.
d. Voyage d' Innigo de Bier villas. P 178.
r Voyage de François Pyrard. Pai /. Voyage de Jean Ovinglon. Paris, Il !fi, I l. p. '270. .</■ Voyez l'Hi ' aledesvoi \\ l'abbé Prévost, t, IV, p. 119,