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■ m , de la nature, i. \ , o. 118.)
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nord et au midi de notre continent, et qu'en France, où on les appelle communément chiens de Brie, et dans les autres climats tempérés ils sont encore en grand nombre, quoiqu'on se soit beaucoup plus occupé à faire naître ou à multiplier les autres races qui avaient plus d'agrément, qu'à conserver celle-ci qui n'a que de l'utilité, et qu'on a par cette raison dédaignée et abandonnée aux paysans chargés du soin des troupeaux. Si l'on considère aussi que ce chien , malgré sa laideur et son air triste et sauvage , est cependant supérieur par l'instinct à tous les autres chiens , qu'il a un caractère décidé auquel l'éducation n'a point de part , qu'il est le seul qui naisse, pour ainsi dire, tout élevé, et que guidé par le seul naturel, il s'attache de lui-même à la garde des troupeaux avec une assiduité, une vigilance, une fidélité singulières; qu'il les conduit avec une intelligence admirable et non communiquée , que ses talents font l'étonnement et le repos de son maître, tandis qu'il faut au contraire beaucoup de temps et de peines pour instruire les autres chiens et les dresser aux usages auxquels on les destine; on se confirmera dans l'opinion que ce chien est le vrai chien de la nature, celui qu'elle nous a donné pour la plus grande utilité, celui qui a le plus de rapport avec l'ordre général des êtres vivants , qui ont mutuellement besoin les uns des autres, celui enfin qu'on doit regarder comme la souche et le modèle de l'espèce enlière.
Et de même que l'espèce humaine paraît agreste, contrefaite et rapetissée dans les climats glacés du Nord; qu'on ne trouve d'abord que de petits hommes fort laids en Laponie , en Groenland et dans tous les pays où le froid est excessif; mais qu'ensuite dans le climat voisin et moins rigoureux on voit tout à coup paraître la belle race des Finlandais, des Danois, etc., qui par leur figure , leur couleur et leur grande taille, sont peut-être les plus beaux de tous les hommes; on trouve aussi dans l'espèce des chiens le même ordre et les mêmes rapports. Les chiens de Laponie sont trèslaids, très-petits, et n'ont pas plus d'un pied de longueur a. Ceux de Sibérie, quoique moins laids, ont encore les oreilles droites et l'air agreste et sauvage, tandis que dans le climat voisin où l'on trouve les beaux hommes dont nous venons de parler, on trouve aussi les chiens de la plus belle et de la plus grande taille. Les chiens de Tartarie, d'Albanie, du nord de la Grèce, du Danemark, de l'Irlande, sont les plus grands, les plus forts et les plus puissants de tous les clnens : on s'en sert pour tirer des voitures. Ces chiens, que nous appelons chiens d'Irlande, ont une origine très-ancienne et se sont maintenus, quoiqu'en petit nombre, dans le climat dont ils sont originaires. Les anciens les appelaient chiens d'Épire, chiens d'Albanie, et Pline rapporte, en termes aussi élégants qu'énergiques, le combat
a. Il Genio vagante, vol. II, p. 13.
d'un de ces chiens contre un liun, el ensuite contre un éléphant". Ces chiens sont beaucoup plus grands que nos plus grands mâtins : comme ils sont fort rares en France, je n'en ai jamais vu qu'un, qui me parut avoir, tout assis, près de cinq pieds de hauteur, et ressembler pour la forme au chien que nous appelons grand danois ; mais il en différait beaucoup par l'énormité de sa taille, il était tout blanc et d'un naturel doux et tranquille. On trouve ensuite dans les endroits plus tempérés, comme en Angleterre, en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie, des hommes et des chiens de toutes sortes de races : cette variété provient en partie de l'influence du climat, et en partie du concours et du mélange des races étrangères ou différentes entre elles, qui ont produit en très-grand nombre des races métives ou mélangées dont nous ne parlerons point ici, parce que M. Daubenlon ' les a décrites et rapportées chacune aux races pures dont elles proviennent ; mais nous observerons, autant qu'il nous sera possible, les rc.-semblances et les différences que l'abri, le soin , la nourriture et le climat ont produites parmi ces animaux.
Le grand danois, le mâtin et le lévrier, quoique différents au premier coup d'oeil, ne font cependant que le même chien : le grand danois n'est qu'un mâtin plus fourni, plus étoffé; le lévrier un matin plus délié, plus effilé, et tous deux plus soignés; et il n'y a pas plus de différence entre un chien grand danuis, un mâtin et un lévrier, qu'entre un Hollandais, \m Français et un Italien. En supposant donc le mâtin originaire ou plutôt naturel de France, il aura produit le grand danois dans un climat plus froid \'l le lévrier dans un climat plus chaud : et c'est ce qui se trouve aussi vérifié par le fait, car les grands danois nous viennent du nord, el les lévriers nous viennent de Constantinople et du Levant. Le chien de berger, li' chien-loup, et l'autre espèce de chien-loup, que nous appellerons chien de Sibérie, ne font aussi tous trois qu'un même chien : on pourrait même y joindre le chien de Laponie, celui de Canada, celui des Hottentots, et tous li1- autres chiens qui oïd les oreilles droites; ils ne diffèrent en effet du chien de berger que par la taille, et parce qu'ils sont plus ou moins étoffés,
„ ulndiana petenti Alexandro magao, Ri i Uban i dono dederal Inusitatœ magnitudinis « h n nui, i-iijiis specie delectatus, jui fil ursos, mox apros et deiade damas emitti, coati capta « immobili jacente eo ; qui segnitie tanti corporis offensua imperator generosi spiritùs, eum a interimi jussit. Nunciavil aoc rama régi; itaque allerum mitten , addidit mandata ne In *. j . i ■ i experiri vellet, sedin leone, elepnantove; duos sibi fui e boo interempto, prel « nullum fore. Nec distulil U ider , leonemque fraclum protiuùs vidit. Postea elephantum [ucl , h 1 1 1 ■ 1 alio ni i . i" 1 1 u ulo i el 'in i Hoi rentibu quippe pi c totum corpus \ nti primùm latratu Lntonuit, nioxque increvil a ultans, contraqne belluam es ai
« bim etillinc artinci dimicatj , qua maxime opus i t, infestant a t que évitons, doneo
\m vei afflixit, ad ca mu ejua tellure concussà. » Plia. Hist. natur.,
10). vin.
i. Voyez Danbenton : Den ription du chien. Voyi au i Fréd. Cuviei : Mim, sur nos ra et ■ <ln )lus.. I M III , p. 838).
et que leur poil est plus ou moins rude, plus ou moins long et plus ou moins fourni. Le chien courant, le braque, le basset, le barbet, et même l'épagneul , peuvent encore être regardés comme ne faisant tous qu'un même chien; leur forme et leur instinct sont à peu près les mêmes, et ils ne diffèrent entre eux que par la hauteur des jambes et par l'ampleur des oreilles, qui dans tous sont cependant longues, molles et pendantes : ces chiens sont naturels à ce climat, et je ne crois pas qu'on doive en séparer le braque qu'on appelle chien de Bengale, qui ne diffère de notre braque que par la robe. Ce qui me fait penser que ce chien n'est pas originaire de Bengale ou de quelque autre endroit des Indes, et que ce n'esf pas, comme quelques-uns le prétendent, le chien indien dont les anciens ont parlé, et qu'ils disaient être engendré d'un tigre et d'une chienne, c'est que ce même chien était connu en Italie il y a plus de cent cinquante anSj et qu'on ne le regardait pas comme un chien venu des Indes, mais comme un braque ordinaire : « Canis sagax (vulgô brachus), dit Aldrovande, an « unius vel varii coloris sit parum refert; in Italie eligitur varius et macu- « losae lynci persimilis, cum tamen niger color vel albus aut fulvus non sit « spernendus a. »
L'Angleterre, la France, l'Allemagne, etc., paraissent avoir produit le chien courant, le braque et le basset; ces chiens mêmes dégénèrent dès qu'ils sont portés dans des climats plus chauds, comme en Turquie, en Perse; mais les épagnculs et les barbets sont originaires d'Espagne et de Barbarie, où la température du climat fait que le poil de tous les animaux est plus long, plus soyeux et plus fin que dans tous les autres pays. Le dogue, le chien que l'on appelle petit danois (mais fort improprement, puisqu'il n'a d'autre rapport avec le grand danois que d'avoir le poil court) , le chien turc, et, si l'on veut encore, le chien d'Islande, ne font aussi qu'un même chien qui, transporté dans un climat très-froid comme l'Islande, aura pris une forte fourrure de poil, et dans les climats trèschauds de l'Afrique et des Indes aura quitté sa robe; car le chien sans poil, appelé chien turc, est encore mal nommé; ce n'est point dans le climat tempéré de la Turquie que les chiens perdent leur poil, c'est en Guinée et dans les climats les plus chauds des Indes que ce changement arrive; et le chien turc n'est autre chose qu'un petit danois qui , transporté dans les pays excessivement chauds, aura perdu son poil, et dont la race aura ensuite été transportée en Turquie, où l'on aura eu soin de les multiplier. Les premiers que l'on ait vus en Europe, au rapport d' Aldrovande, furent apportés de son temps en Italie, où cependant ils ne purent, dit-il, ni durer, ni multiplier, parce que le climat était beaucoup trop froid pour eux; mais comme il ne donne pas la description de ces chiens nus, nous ne savons pas
a. Ulyssis Aldrovandi , de quadniped. digitat. viiip. , lib. m . p. 5o2.
s'ils étaient semblables à ceux que nous appelons aujourd'hui chiens turcs, et si l'on peut par conséquent les rapporter au petit danois, parce que tous les chiens, de quelque race et de quelque pays qu'ils soient, perdent leur poil dans les climats excessivement chauds a; et, comme nous l'avons dit, il perdent aussi leur voix; ùans de certains pays ils sont tout à fait muet-, dans d'autres ils ne perdent que la faculté d'aboyer, ils hurlent comme les loups, ou glapissent comme les renards; ils semblent par cette altération se rapprocher de leur état de nature; car ils changent aussi pour la forme et pour l'instinct : ils deviennent laids ', et prennent tous des oreilles droites et pointues. Ce n'est aussi que dans les climats tempérés que les chiens conservent leur ardeur, leur courage, leur sagacité, et les autres talents qui leur sont naturels; ils perdent donc tout lorsqu'on les transporte dans des climats trop chauds; mais, comme si la nature ne voulait jamais rien faire d'absolument inutile, il se trouve que dans ces mêmes pays où les chiens ne peuvent plus servir à aucun des usages auxquels nous les employons, on les recherche pour la table, et que les nègres en préfèrent la chair à celle de tous les autres animaux : on conduit les chiens au marché pour les vendre; on les achète plus cher que le mouton, le chevreau, plus cher même que tout autre gibier; enfin, le mets le plus délicieux d'un festin chez les Nègres est un chien rôti. On pourrait croire que le goût si décidé qu'ont ces peuples pour la chair de cet animal vient du changement de qualité de cette même chair qui , quoique très-mauvaise à manger dans nos climats tempérés, acquiert peut-être un autre goût dans ces climats brûlants ; mais ce qui me fait penser que cela dépend plutôt de la nature de l'homme que de celle du chien, c'est (pie les sauvages du Canada, qui habitent un pays froid, ont le même goût que les Nègres pour la chair du chien, et que nos missionnaires en ont quelquefois mangé sans dégoût. « Les « chiens servent en guise de mouton pour être mangés en festin (dit le « P. Sabard Théodat) : je me suis trouvé diverses fois à des festins de chien ; «j'avoue véritablement que du commencement cela me faisait horreur, « niais je n'en eus pas mangé deux fois que j'en trouvai la chair bonne, et « de goût un peu approchant de celle du porc c. »
Dans nos climats, les animaux sauvages qui approchent le plus du chien, et surtout du chien à oreilles droites, du chien de berger, que je regarde
comme la souche et le type île l'espèce entière, -oui le renard cl le loup;
cl comme la conformation intérieure est presque entièrement la même, et
a. Histoire générale des voyages, par M. l'abbé Prôvo t, t. l\, p. -ii'i.
b. Voyage de La Boullaye-le-Gous, Paris, 1657, \>. '>:>i; Voyages deJean Ovington, Paris,
c i , p. Î76; Histoire universelle des voyages , par du PerrierdeM atfrasier. Paris, 1707, i 144 et uivanl \ Vie </<■ Christophe Colomb. Paris , 1681 , partis première, p. 106 j i de /'' h, m, , a Guinée, etc. i Irecbt, 1 7<'5 , p. 140; Histoire générale des voyages, par M- l'abbé i t, t. IV, p
c. i oyagt i Hurons, par le P. Sabard rhéodat, récollct. Paris, 1089, p. 811.
"ff/
que les différences extérieures sont assez légères, j'ai voulu essayer s'ils pourraient produire ensemble : j'espérais qu'au moins on parviendrait à les faire accoupler, et que s'ils ne produisaient pas des individus féconds, ils engendreraient des espèces de mulets qui auraient participé de la nature des deux. Pour cela, j'ai fait élever une louve prise dans les bois à l'âge de deux ou trois mois, avec un mâtin de même âge; ils étaient enfermés ensemble et seuls dans une assez grande cour où aucune autre bête ne pouvait entrer, et où ils avaient un abri pour se retirer; ils ne connaissaient ni l'un ni l'autre aucun individu de leur espèce, ni môme aucun homme que celui qui était chargé du soin de leur porter tous les jours à manger : on les a gardés trois ans, toujours avec la même attention, et sans les contraindre ni les enchaîner. Pendant la première année ces jeunes animaux jouaient perpétuellement ensemble et paraissaient s'aimer beaucoup; à la seconde année ils commencèrent par se disputer la nourriture, quoiqu'on leur en donnât plus qu'il ne leur en fallait. La querelle venait toujours de la louve : on leur portait de la viande et des os sur un grand plat de bois que l'on posait à terre ; dans l'instant même la louve, au lieu de se jeter sur la viande, commençait par écarter le chien, et prenait ensuite le plat par la tranche si adroitement qu'elle ne laissait rien tomber de ce qui était dessus, et emportait le tout en fuyant; et comme elle ne pouvait sortir, je l'ai vue souvent faire cinq ou six fois de suite le tour de la cour tout le long des murailles, toujours tenant le plat de niveau entre ses dents, et ne le reposer à terre que pour reprendre haleine et pour se jeter sur la viande avec voracité, et sur le chien avec fureur lorsqu'il voulait approcher. Le chien était plus fort que la louve; mais comme il était plus doux, ou plutôt moins féroce, on craignit pour sa vie et on lui mit un collier. Après la deuxième année les querelles étaient encore plus vives et les combats plus fréquents, et on mil aussi un collier à la louve, que le chien commençait à ménager beaucoup moins que dans les premiers temps. Pendant ces deux ans il n'y eut pas le moindre signe de chaleur ou de désir ni dans l'un ni dans l'autre ; ce ne fut qu'à la fin de la troisième année que ces animaux commencèrent à ressentir les impressions de l'ardeur du rut, mais sans amour ; car loin que cet état les adoucit ou les rapprochât l'un de l'autre, ils n'en devinrent que plus intraitables et plus féroces; ce n'était plus que des hurlements de douleur mêlés à des cris de colère; ils maigrirent tous deux en moins de trois semaines, sans jamais s'approcher autrement que pour se déchirer; enfin, ils s'acharnèrent si fort l'un contre l'autre que le chien tua la louve, qui était devenue la plus maigre et la plus faible, et l'on fut obligé de tuer le chien quelques jours après, parce qu'au moment qu'on voulut le mettre en liberté il fit un grand dégât en se lançant avec fureur sur les volailles, sur les chiens, et même sur les hommes.
J'avais dans le même temps des renards, deux mâles et une femelle, que
l'on avait pris ilans des pièges, et que je faisais garder luin les uns des autres dans des lieux séparés : j'avais fait attacher l'un de ces renards avec une chaîne légère, mais assez longue, et on lui avait bâti une petite hutte où il se mettait à l'abri. Je le gardai pendant plusieurs mois, il se portait bien ; et quoiqu'il eût l'air ennuyé et les yeux toujours fixés sur la campagne, qu'il voyait de sa hutte, il ne lai>-;ut pas de manger de très-grand appétit. On lui présenta une chienne en chaleur que l'on avait gardée, et qui n'avait pas été couverte ; et comme elle ne voulait pas rester auprès du renard, on prit le parti de l'enchaîner dans le même lieu et de leur donner largement à manger. Le renard ne la mordit ni ne la maltraita point : pendant dix jours qu'ils demeurèrent ensemble il n'y eut pas la moindre querelle ni le jour, ni la nuit, ni aux heures du repas; le renard s'approchait même assez familièrement ; mais dès qu'il avait flairé de trop près sa compagne, le signe du désir disparaissait , et il s'en retournait tristement dans sa hutte; il n'y eut donc point d'accouplement. Lorsque la chaleur de celte chienne fut passée, on lui en substitua une autre qui venait d'entrer en chaleur, et ensuite une troisième et une quatrième; le renard les traita toutes avec la même douceur, mais avec la même indifférence; et afin de m'assurer si c'était la répugnance naturelle ou l'état de contrainte où il était qui l'empêchait de s'accoupler, je lui fis amener une femelle de son espèce ; il la couvrit dès le même jour plus d'une lois, et nous trouvâmes, en la (lisst-quant quelques semaines après, qu'elle était pleine et qu'elle aurait produit quatre petits renards. On présenta de même successivement à l'autre renard plusieurs chiennes en chaleur, on les enfermait avec lui dans une cour où ils n'étaient point enchaînés; il n'y eut ni haine, ni amour, ni combat, ni caresses, et ce renard mourut, au bout de quelques mois, de dégoût ou d'ennui.
Ce- ('preuves nous apprennent au moins que le renard et le loup ne sont pas tout à fait de la même nature que le chien ' ; que ces espèces nonseulement sont différentes, mais séparées et assez éloignées pour ne pouvoir les rapprocher, du moins dans ces climats; que par conséquent le chien ne tire pas son origine du renard ou du loup-, et que les nomenclateurs " qui ne regardent ces deux animaux que comme de- chiens sauvayes,
a. Canis caudd (sinislrorsum recurvd,]s chien. Canis COI idà incurva, le loup. Canis
caudû rectd, le renard. Linnsei Syst. nat.
1, Le chien produit avec ti loup, el Bu ton en a connu plus tard un exemple. (Voyez les A dditions); mais Une prodoit i i avec le renard. (Voyez mon livre su l'instinct et l'intelli* gence </'■'. animaux, au chapitiede la Parenté des espèces.)
t. Le chien ne vient Bùrement pas du renard, car les deux e pèce ai produisenl point
Il dc vient pa , non plus, du loup, quoique L'union du toupi t 'lu chien soil féconde;
!>• lut m' i de " deux animaux esl tri p iii semblable : le loup évite l'homme 1 1 \ii soUtair*,
le ri, n n i ■ llement sociable. Ou le chien est nni es] èee primitive et propre, ou il \ i< ut
du chacal, comme je L'expliquerai tout a L'heure.
ou qui ne prennent le chien que pour un loup ou un renard devenu domestique, et qui leur donnent à tous trois le nom commun de chien, se trompent, pour n'avoir pas assez consulté la nature.
11 y a dans les climats plus chauds que le nôtre une espèce d'animal féroce et cruel, moins différent du chien que ne le sont le renard ou le loup : cet animal, qui s'appelle adive ou chacal, a été remarqué et assez bien décrit par quelques voyageurs; on en trouve en grand nombre en Asie et en Afrique, aux environs de Trébisonde a, autour du mont Caucase, en Mingrélie 6, en Natolie % enHyrcanie d, en Perse, aux Indes, à Suratee , à Goa, à Guzarat, à Bengale, au Congo f , en Guinée, et en plusieurs autres endroits : et quoique cet animal soit regardé, par les naturels des pays qu'il habite, comme un chien sauvage, et que son nom même le désigne , comme il est très-douteux qu'il se mêle avec les chiens et qu'il puisse engendrer ou produire avec eux ', nous en ferons l'histoire à part, comme nous ferons aussi celle du loup, celle du renard, et celle de tous les autres animaux qui, ne se mêlant point ensemble, font autant d'espèces distinctes et séparées.
Ce n'est pas que je prétende d'une manière décisive et absolue que l'adive, et même que le renard et le loup ne se soient jamais, dans aucun temps ni dans aucun climat, mêlés avec les chiens 2. Les anciens l'assurent assez positivement pour qu'on puisse encore avoir sur cela quelques doutes, malgré les épreuves que je viens de rapporter; et j'avoue qu'il faudrait un plus grand nombre de pareilles épreuves pour acquérir sur ce fait une certitude entière. Aristote, dont je suis très-porté à respecter le témoignage, dit précisément s qu'il est rare que les animaux qui sont d'espèces différentes se mêlent ensemble ; que cependant il est certain que cela arrive dans les chiens, les renards et les loups; que les chiens indiens proviennent d'une autre bête sauvage semblable et d'un chien. On pourrait croire que cette bête
a. Voyages de Gcmelli-Carcri. Paris, 1719, t. l,p. 419.
b. Voyage de Chardin. Londres, 1686 , p. 76.
c. Voyage de Ditmonl. La Haye, 1699, t. IV, p. 23 et suiv.
d. Voyage de Chardin. Amsterdam, 1711 , t. II, p. 29.
e. Voyage d'Innigo de Biervillas. Paris, 1736, part, i, p. 178.
f. Voyage de Bosman, p. 241, 331 et 332 ; Voyage du P. Zuchel, capucin, p. 293.
g. Aristoi. de Generatione animal. , lib. u, cap. v.
1. Le chacal se mèle avec le chien et produit avec lui. J'ai obtenu, dans mes expériences, des mélis de la chacale avec le chien , comme de la chienne avec le chacal.
Une première génération de métis de chien et de chacal m'en a donné une seconde , laquelle m'en a donné une troisième. Celle-ci m'eu donnera-t-elle une quatrième ?
Ainsi que je l'ai dit dans la note 2 de la page 488, ouïe chien est une espèce primitive et propre, ou il vient du chacal : le chien produit avec le chacal et avec le loup; il a la mime organisation que le chacal et le loup; mais il a non-seulement l'organisation du chacal, il eu aies mœurs. Dès que les chiens rentrent dans l'état sauvage, ils forment des troupes nombreuses, ils se creusent des terriers, ils chassent de concert, comme les chacals, etc., etc. (Voyez mon livre intitulé : De l'instinct et de l'intelligence des animaux. )