SONNET II
,uand dévot vers le ciel j'ose lever les yeux, I Mon cœur ravy s'émeut, et confus s'émer-
[veille.
Comment , dis-je à part moy, cette œuvre Est-elle perceptible à l'esprit curieux? [nompareille
Cet astre, ame du monde, œil unique des cieux , Qui travaille en repos, et jamais ne sommeille, Père immense du jour, dont la clarté vermeille Produit, nourrit, récrée, et maintient ces bas lieux.
Comment t'éblouis-tu d'une flamme mortelle , Qui du soleil vivant n'est pas une estincelle , Et qui n'est devant luy sinon qu'obscurité ?
Mais si de voir plus outre aux mortels est loisible, Croy bien, tu comprendras mesme l'infinité, Et les yeux de la foi te la rendiont visible.