‹ Œuvres complètes. Avec les notes de MM. Parseval-Grandmaison, de Féletz, de Choiseul-Gouffier, Aimé-Martin, Descuret, etcChapitre 206 sur 411 · avec la cai'tc · texte numérisé non relu

avec la cai'tc

2 Cellarius, Geotfr. antiq. , pag. io5o.

3 Steplwnuî, De urbibus , pag. So; , édit. Berk.

NOTES DU LIVRE III

marbres ou de sa belle végétation. Ce dernier sens est le plus vraisemblable, car l'épithcte de niveam , donnée à Parcs, est bien certainement due au beau marbre blanc qui a rendu cette île si célèbre. Olearos est l'ile que les modernes nomment Antiparos, parcequ'elle est vis-à-vis et tout proche de Pile de Paras ; elle n'est remarquable que par sa belle grotte , décrite avec tant de détails par Tournefort. Les Cyclades offrent un groupe d'iles très rapprochées les unes des autres, qui forment entre elles des détroits parsemés d'écueils, ce qui exige de la part des navigateurs beaucoup de prudence et d'habileté. Virgile exprime admirablement bien tout cela par ce vers :

Cycladas , et crebris legimus fréta consita terris. Enfin, pour qu'aucune circonstance favorable ne manquât à cette heureuse navigation, ce n'est qu'après avoir franchi ces îles et ces détroits, que le vent souffle en poupe et fait voguer à pleine voile, sur une mer libre et dégagée de tout écucil, les vaisseaux du héros froyen. Viigile dit les rivages de Curetés pour l'île de Crète , qui est l'ile de Candie des modernes , parceque les Curetés étoicnt considérés comme les premiers habitants qui eussent civilisé celte île. Plus haut, Anchise dit Gnosia régna yetamus, parceque Gnose étoit le nom d'un des principaux états et d'une des principales villes de Crète. Celte ville étoit sur la côte septentrionale , et on en voit eucore les ruines près d'un couvent grec nommé Énadich , suivant M. Barbie du Bocage, qui a dressé une carte intéressante de la Crète ancienne', et ci-après, vers 171. Les dieux pénates d'Énée lui disent :

Dictaea negat tibi Jupiter arva ,

parceque la montagne orientale de l'île de Crète portoit le nom de Dictée. La montagne du milieu, qui étoit la plus élevée, s'appeloit Ida, de même ([ue celle de la Troade, dont les habitants étoient originaires de Crète, suivant d'anciennes traditions. Ainsi Virgile satisfait à-la-fois à l'histoire et à la géographie, lorsqu'il fait dire à Anchise,

Creta Jovis rnagnî medio jacet insula ponto; Mous Idœus ubi , et gentis cunabula nostrœ.

Le mont Jda de Crète se nomme aujourd'hui Psiloriti. La ville de Pergame en Crète, dont Virgile attribue la fondation à Énée, a été mentionnée par Velléius Patcrculus, Strabon , Pline et l'Iutarque; mais Servius, auteur du cinquième siècle et commentateur de Virgile , est le seul qui nous donne quelque renseignement sur sa position. 11 nous apprend qu'elle étoit près de Cjdonie ; et comme Strabon nous dit que le temple de Diane-Dictynne étoit situé dans la partie septentrionale du territoire de Pergame , on a pu placer Pergatna sur le côté oriental du promontoire de Spada, à un lieu nommé Cognes , sur la carte d'une partie de l'empire de la Turquie d'Europe d'Arrowmilh 2. A peu de distance vers le sud, et près du village moderne àHAcladia^, sont les ruines de la célèbre Cjrdonia, dont les habitants étoient renommés comme d'habiles archers, et savoient fabriquer d'excellentes flèches.

Libet Partho torquere Cydonia cornu Spicuta.

ViRo. , eclog. X , V. 54.

1 Barbie du Bocage, Géographie ancienne; dans V Abrégé de GéogrO' ohit moderne , par Pinlierton et Walckenaer, tom. II , page 657 , et analyse de la carte de l'ile de Crète, dans l'ouvrage de M. de .Sainte-Croix, intitulé : Des anciens Gouvernements fédératifs , pag. 467.

2 Celle carte est 1 idiculement intitulée ; Constantinople and ils environs. 4 frniUcs 1802.

3 BarWié du Bocage, toc. cit. , paç. C57.

Anchise, en exhortant les Troyens à se rendre en Crète, dit qu'à partir de l'ile de Délos, il ne faut qu'une navigation de trois jours par un vent favorable.

PlacCTTiiîs ventos , et Gnosia régna petamus. Nec longo distant cursu ; modo Jupiter adsit Tel tia lux classem Cretasis sistet in cris.

Nos meilleures cartes modernes nous font compter cent vingtcinq milles géographiques de distance entre Délcs et le lieu où nous plaçons Pergame; par conséquent les vaisseaux des anciens, dans cette mer, faisoient quarante-deux milles géographiques, ou quatorze lieues marines, dans les vingt-quatre heures, lorsqu'ils étoient favorisés par le vent. M. Olivier, qui de Délos se dirigea sur Naxos, et de Naxos sur l'ile de Crète, fut, comme Énée, favorisé par le vent du nord, qui, ajoutet-il, souffle régulièrement en été sur l'Archipel '. Ainsi le siirgens a pitppi l'entus euntis de Virgile s'accorde donc avec les vents dominant dans cette mer, et il n'y a pas un seul trait de ce tableau qui ne soit d'uue justesse parfaite.

Page 1