‹ Œuvres complètes. Avec les notes de MM. Parseval-Grandmaison, de Féletz, de Choiseul-Gouffier, Aimé-Martin, Descuret, etcChapitre 212 sur 411 · Livre VIII , fable iv · texte numérisé non relu

Livre VIII , fable iv

5i Haud impune quidem : nec talia passus Ulysses. . Ulysse impunément ne vit point leur trépas. •

Le mot impunément est emplové ici dans une acception différente de celle que lui donne l'usage. Cependant il exprime la pensée de Virgile avec tant d'exactitude , que j'ai cru devoir m'en servir; et je me suis eu cela appuyé de l'autorité de Racine, qui fait dire dans le même sens à Ériphile :

Dans un lâche sommeil crois-tu qu'enseveli Achille aura pour elle impuntment pâli ?

Ipbigénie, act. IV, se. I.

53 Jacuitqrie per antrum

Immensus, etc.

On sent avec quel goût le mot immensus est rejeté au vers suivant, et combien il allonge la taille immense du géant.

54 Heu I genitorem, omnis carœ casusque levamen. Amitto Anchisen, etc.

Un poète sans goût se seroit étendu très au long sur cette mort d'Anchise-, Virgile, en peu de vers, rend compte de cet événement, et il peint la douleur d'Énée avec la plus touchante sensibilité.

En tout, ce livre, l'un des moins cités de VEnéide , est un des plus estimables : on ne poiivoit donner plus d'intérêt à lui voyage sur les mers de Grèce et de l'Italie. L'aventure touchante de Polydore ; l'entrevue encore plus touchante d'Andromaquc et d'Énée; les regrets du veuvage et de la maternité; les malheurs de l'exil; et, dans l'histoire d'Achéménide, cette belle recorainandalioi; de li pitié et de l'humanité, même entre ennemis; les regrets touchants d'Énée à la mort de son père; uiicr-foulc de descriptions variées; celle d'une peste, d'un volcan, d'une tempête, des lieux les plus fameux de la Grèce cl de l'Italie; l'exactitude du géographe; l'imagination brillante du poêle; en un mot, la réunion de tout ce que l'histoire, la fable, la nature morale et physique, offrent de plus touchant, de plus beau, de plus pittoresque : voilà ce que personne n'a dit de ce troisième livre, supérieur peut-être a d'autres dont les beautés, plus sensibles , sont plus à la portée des lecteurs ordinaires. Ainsi, dans un cabinet de tableaux, tandis que la foule se presse devant une composition dont le sujet est plus intéressant ou le coup d'œil plus brillant, le connaisseur reste les yeux fixés sur un chef-d'œuvre qui, moins intéressant au premier coup d'œil, rappelle et entrer tient l'atlention par la beauté du dessin , la vérité du coloris, et la perfection des détails.

B'iO

NOTES DU LIVRE IV

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