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PARADIS PERDU
Un seul de mes rayons eût éclipsé tes feux ; Et sur mon Irône d'or, presque égal à Dieu même, J'aurois vu sous mes pieds Ion brillant diadème. Je suis tombé ; l'orgueil m'a plongé dans les fers ; Il m'a fermé les cieux et creusé les enfers. Sujet, ingrat enfant, devois-je mécounoilre Ce Dieu , mon bienfaiteur, encor plus que mon maître ? Près de son trône assis , le vîmes-nous jamais Nous reprocher ses dons , nous plaindre ses bienfails ? Des hymnes, de l'encens pour ce monarque auguste. Quelle tâche plus douce, et quel tribut plus juste ? Je pervertis ses dons , je me fis son rival; Je crus qu'encore un pas , je marchois son égal : De ses faveurs sans fiu craignant la dette immense , Je secouai le poids de la reconnoissance... Malheureux que je suis ! n'ai-je pas dû savoir Qu'un cœur tendre jamais ne craint de recevoir ? Aimer, c'est reconnoître ; et mon amour fidèle Seul put payer d'un Dieu la boulé paternelle ; Qu'il est doux , quand ses dons renaissent tous les jours. Et de rendre sans cesse, et de devoir toujours! Pourquoi fus-je placé si près du rang suprême ? Hélas ! tout mon malheur est né du bonheur même ; Plus éloigné du trône, il n'eût pu me tenter : Le foible se soumet , le puissant veut monter. Oui, l'orgueil dn pouvoir me conduisit au crime; Je prétendis au trône, et tombai dans l'abîme. Mais quoi! de sa puissance enivré comme moi, Quelque autre auroit peut-èlre osé braver son roi, Et suivant de l'orgueil l'amorce enchanteresse, Auroit dans ses complots entraîné ma foiblesse ? Mais non; de mes égaux aucun n'a succombé; Tous sont restés debout; moi seul je suis tombé. Mais Dieu des mêmes dons m'accorda-t-i! l'usage ? Oui, ce Dieu domie à tous même force en partage.
Ah, wherefore ! he deserv'd no sucli return From me, whom he created what I was Iq that bright eminence, and with his good Upbraided none; nor was his service hard. What could be less , than to afford him praise , The easiest recompense, and pay him ihanks , How due! yet ail his good prov'd ill in rae. And wrought but maUce; lifted up so liigh
^° I 'sdain'd subjection, and thought one stop higher Would set me highest, and in a moment quit The debt immense of endless gratitude, So burdensorae still paying, still to owe, Forgetful what from him 1 still rcceiv'd. And understood not that a grateful mind By owing owes not, but still pays, at once Indebted anrt discliarg'd; what burden then? O had his powerful destiny ordain'd Me some inferior angel, 1 had stood
^> Then bappy; no unbouuded hopc had rais'd Ambition. Yet why not? some othcr power As great mighl hâve aspir'd, and me, ihough mean , Drawn to his part; but other powers as great Fell not, but stand unshaken, from within Or from wilhout , to ail teinplations arm'd. Kadst thou the same free will and power to stand? Thou hadst : whom hast thou then or what to' accuse,
Et de quoi donc me plaindre , et qui donc accuser .' Non , rien ne te manqua , rien ne peut l'excuser. Peut-être en s'égarant ton cœur ne fut pas libre ? Il l'éloit , el toi seul as rompu l'équilibre. Dieu signale pour tous son amour paternel. Eh bien ! qu'il soit maudit cet amour si cruel , Cet amour qui, pour moi plus fatal que sa haine, M'accable sous le poids d'une élernelle peine ! Dieu maudit! ah! plutôt sois maudit mille fois. Toi, sujet révolté qui, coupable par choix, As de ta liberté fait un indigne usage : Dieu fit ta liberté , tes maux sont ton ouvrage. Où me cacher ? où fuir son pouvoir souverain , Son œil inévitable, et sa terrible main? Sa puissance est sans borne , et mon malheur l'égale. Vainement j'ai brisé ma prison infernale : Ah ! l'enfer véritable est au fond de mon cœur ; Lui-même est un enfer creusé par ma fureur; Gouffre plus effrayant, plus dévorant abîme. Que l'antre épouvantable où m'a plongé le crime; Près de lui, je le sens, l'enfer même est un ciel. <> Eh bien ! sois repentant , si tu fus criminel : N'est-il plus de remords , ou n'est-il plus de grâce ? Devant le Dieu vengeur fais plier ton audace... Moi, plier! ce mot seul est un affront pour moi. Que diroient ces guerriers dont j'ai séduit la foi ? Ah ! quand ils m'opposoient à ce Dieu que je brave , Leur ai-je donc promis de revenir esclave ? Dois-je, aux pieds du tyran me courbant en leur nom, Au lieu d" la vengeance, implorer le pardon ? Ah! si je dus prétendre à leur obéissance, C'éloit sur les débris de sa toule-puissance; Et quand à pardonner il pourroit consentir. Le pardon seroit court comme le repentir : Satan s'indigneroit d'avoir obtenu grâce.
But Heaven's free love, dealt equally to ail? Be tlicn his love accurs'd, since love or haie,
70 To me alike , it deals eternal woe.
Nay, curs'd be thou; since against his thy will Cliose frcely what it now so justly rues. Me misérable ! which way shall I fly Infinité wrath, and infinité despair?
Which way I fly is hell ; myself am hell; And , in the lowest deep , a lower deep Still threatening to devour me opeos wide, To which the hell I suffer seems a heaven. « O , then , at last relent : is there no place
80 Lefl for repentance, none for pardon left? None left, but by submission; and that word Disdain forbids me, and my dread of shame Among the spiiits beneath, whom I sedue'd With other promises and othcr vaunts Than to submlt, boasting I could subdue The' Omnipotent. Ah me ! they litlle know How dearly I abide that boast so vain, Cnder what torments inwardly 1 groan, WhiSe they adore me on the throne of hell.
90 With diadem and sceptre high advanc'd, The lower still I fall, only suprême In misery : such joy ambition finds !
But say I could repent, and could obtain.