SUR LE PORTRAIT DE M'^<^ LA FAULOTTE
La douce rêverie et la vivacité,
La gaieté jointe à la décence,
La finesse avec l'innocence , Et la pudeur avec la volupté;
Voilà quel heureux assemblage
A dû composer votre image.
D'où vient qu'avec plaisir l'œil saisit chaque trait
De celte peinture fidèle .►•
C'est qu'on trouve dans le portrait
Ce qu'on chérit dans le modèle.
Que dis-je .■' Le pinceau ne parle ici qu'aux yeux :
Où sont ces chants délicieux ,
Ces harmonieuses merveilles Qui ravissent le cœur et flattent les oreilles.!* J'écoute, et n'entends point les accents enchanteurs De cette voix si légère et si tendre.
Heureusement pour la paix de nos cœurs ,
L'art de Zeuxis ne peut les rendre.
Son image sur nous auroit trop de pouvoir , Si le pinceau joignoit le bonheur de l'entendre
Au plaisir si doux de la voir.
Et si je pénétrois dans cette ame si pure, Que dans un corps charmant enferma la nature,
Que de sentiments délicats !
Je voudrois bien les peindre; mais, hélas !^ La vertueuse Annette à sa gloire s'oppose ;
D'un vain renom évitant les éclats, La modeste pudeur qui dans son cœur repose Voile à nos yeux ses innocents appas :
C'est le calice de la rose , Dont le parfum s'exhale et ne se montre [tas.
VERS