POLONAIS
Dans votre poétique et doux pèlerinage ,
Au tombeau glorieux du chantre des Romains,
Objet sacré de plus d'un gi-and voyage Des enfants d'Albion, des Français, des Germains , Vous n'avez donc pas fait une course inutile ! Ornement éternel du tombeau de Virgile , Cette feuille sacrée est tombée eu vos mains;
Vous méritiez de l'avoir en partage.
Vous qui savez chérir son sublime langage. Cet arbre le plus vieux , le plus beau des lauriers Qu'épargna la tempête et que respecte l'âge, Depuis qu'il reverdit, jamais si volontiers
A l'étranger ne céda son feuillage , Qu'au poète envieroient les plus fameux guerriers. Des voyageurs obscurs la main lui fait ouU'age ; Leur larcin est un vol : le vôtre est un hommage. A ce poète aimable , et cher au monde entier,
Mon cœur se plaît à vous associer.
Pour vous louer, que n'ai-je son langage ? L'un à l'autre jadis vous eussiez été chers ; Vous auriez admiré ses vers , Il eût chanté votre courage.
Tant que des ans le cours l'épargnera ,
De ses honneurs conservez bien ce gage ; Vous croirez voir en lui le noble témoignage De l'admiration que Virgile inspira , L'arbre qu'un vieux respect à son nom consacra , Le mont qui l'embellit , le tombeau qui l'ombrage.
POÉSIES FUGITIVES
Pour moi, ce cher débris m' inspire un vœu pour vous : C'est que de vos beaux jours, si précieux pour nous. Ce laurier immortel soit la fidèle image.