‹ Œuvres complètes. Avec les notes de MM. Parseval-Grandmaison, de Féletz, de Choiseul-Gouffier, Aimé-Martin, Descuret, etcChapitre 60 sur 411 · LES GÉ · texte numérisé non relu

LES GÉ

Tandis qu'il est vivant , tout suit la même loi : Est-il mort ? ce n'est plus que discorde civile ; On pille les trésors, on démolit la ville : C'est l'ame des sujets, l'objet de leur amour ; Ils entourent son troue , et composent sa cour , L'escortent au combat, le portent sur leurs ailes, Et meurent noblement pour venger ses querelles.

Frappés de ces grands U-ails , des sages ont pensé Qu'un céleste rayon dans leur sein fut versé. Uieu remplit, disent-ils, le ciel, la terre, et l'onde; Dieu circule par-tout, et son ame féconde A tous les animaux prête un souffle léger : Aucun ne doit périr , mais tous doivent changer ; Et, retournant aux cieux en globe de lumière. Vont rejoindre leur être à la masse première.

Enfin 3ï veux-tu ravir leur nectar écumant ? Devant leur magasin porte un tison fumant. Et qu'une onde échauffée en roulant dans ta bouche Pleuve, pour l'écarter, sur l'insecte farouche. L'abeille est implacable en son inimitié , Attaque sans frayeur, se venge sans phié, Sur l'ennemi blessé s'achai'ne avec furie, Et laisse daus la plaie 33 et son dard et sa vie.

Deux fois d'un miel doré ses rayons sont remplis. Deux fois ces dons heureux tous les ans sont cueillis . Et lorsque abandoimant l'humide sein de l'onde Taygète 34 monte aux cieux pour éclairer le monde , Et lorsque cette nymphe 35, au retour des hivers, Redescend tristement dans le gouffre des mers.

Toutefois , si l'hiver 36 , alarmant ta prudence , Te fait de tes essaims craindre la décadence,

Observant. Rege incolumi mens omnibus una est : Amisso rupere fidem, constructaque mella Diripuere ipss, et crates solvere favorum. llle opeium custos; illum adniiraiitur, et omnes Circumstant fremitu denso, stipantque fréquentes; Et saepe attollunt humeris, et corpora bello Objectant, pulchramque pelunt per vulnera mortem.

His quidam signis, atque hiec exempla sccuti, '1° Esse apibus partem diviiia; mentis et haustus jEtherios dixere : deum naraque ire per omnes Terrasque, tractusque maris, cœlumque profundum; Hinc pecudes, armenta, viros, genus omne ferarum, Qtiemque sibi tenues nascentem arcessere vitas. Scilicet hue reddi deinde ac resoluta referri Omnia; nec morti esse locum, sed viva volare Sideris in numerum, atquc alto succedere cœlo.

Si quando sedem angustam scrvataque mella Thesauris relines, prius baustus sparsus aquarum î3o Ore fove, fumosque manu practende sequaces. mis ira modum supra est, lassaeque veuenum Morsibus inspirant, et spicula ca;ca rclinquunt Affixae venis, animasque in vulnere ponunt.

Bis gravidos cogunt fétus, duo tempora messis; Taygete simul os terris ostcndit honestum Plias, et Oceani spretos pcde reppulit amnes; A ut eadem sidus fugiens ubi Piscis aquosi Tristior hibernas cœlo descendit in undas.

Sin durara metnes biemem, parccsque futuro, 2^1 Coulusos([ue animos et res miserabere fiactas; At suflù-e thymo, corasque recidere inanes,

ORGIQUES.

Épargne leurs trésors dans ces temps malheureux , Et n'en exige point un tribut rigoureux ; Mais parfume leurs toits, et prends les rayons vides Dont viennent se nourrir leurs ennemis avides. La chenille 3? en rampant gagne leur pavillon ; Le lourd frelon 38 se rit de leur foible aiguillon ; Le lézard de leur miel se nourrit en silence; Leur travail de la guêpe engraisse l'indolence ; Des cloportes sans nombre assiègent leurs palais ; Et l'impure araignée y suspend ses filets. Mais plus on les épuise, et plus leur diligence De l'élat appauvri répare l'indigence.

Comme nous cependant 39 ces foibles animaux Éprouvent la douleur et connoissent les maux ; Des symptômes certains toujours en avertissent : Leur corps est décharné , leurs couleurs se flétrissent ; Ou les voit dans leurs murs languir emprisonnés , Ou bien suspendre au seuil leurs essaims enchaînés ; Tantôt leur troupe en deuil autour de ses murailles Accompagne des morts les tristes funérailles ; Tantôt le bruit plaiutif de ce peuple aux abois Imite l'aquilon murmurant dans les bois , Et le reflux bruyant des ondes turbulentes, Et le feu prisonnier dans les forges bi'ûlantea.

Veux-tu rendre à l'abeille une utile vigueur ? Que des sucs odorants raniment sa langueur ; Et , daus des joncs remplis du doux nectar qu'elle aime , A prendre son repas invite-la toi-même.

Joins-y du raisin sec, du vin cuit dans l'airain, Ou la pomme du chêne, ou les vapeurs du thym. Et la rose flétrie, et l'herbe du centaure 4»,

Quis dubitet? Nam saepe favos ignotus adedit Stellio, et lucifugis congesta cubilia blaltis, Immunisque sedens aliéna ad pabula fucus, Aut asper crabro imparibus se immiscuit armis, Aut dirum tineœ genus, aut iuvisa Minervae In foribus laxos suspendit aranea casses. Quo magis exhaustae fuerint, hoc acrius omnes lucumbent generis lapsi sarcirc ruinas,

îJo Complebuutque foros, et floribus horrea texent. Si vero, quoniam casus apibus quoque nosiros Vita tulit, tristi languebunt corpora morbo, Quod jam non dubiis poteris cognoscere .signis ; Continuo est aegris alius color; horrida vultum Déformât macies; tum corpora luce carentum Exportant tectis, et tristia funcra ducunt. A lit illœ pedibus connexse ad limina pendent, Aut inlus clausis cunctantur in sedibus omoeSi Iguavœque famé et contracto frigore pigrae.

2i>" Tum sonus auditur gravior, tractiraque susurrant, Frigidus ut quondam silvis immurmurat Auster, Ut mare soUicitum stridet refluentibus undis; yEstuat ut clausis rapidus fornacibus ignis.

Hic jam galbaneos suadebo incendere odores, Mellaque arundineis infère canalibus, ultro llortantem, et fessas ad pabula nota vocantcm. l'roderit et tunsum gallae admisccre saporem , Aicntesque rosas, aut igni pinguia multo Defruta, vel psilliia passos de vite racemos,

37" Cccropiumque thymum, et gravcolentia centaurca. Est etiara flos in pratis, cui nonien amello

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