‹ Œuvres complètes: avec notes et variantesChapitre 10 sur 140 · LIVRE I. i · texte numérisé non relu

LIVRE I. i

c( £t répoux tendre à son fils qui sommeille —

« Un seul baiser de ta bouche vermeille

« Suffit hélas ! pour troubler ma raison.

« Pourquoi mêler à son fatal poison

« Ce trait brûlant qui de mes sens dispose,

a Les fait renaître et mourir tour-à-tour ;

(( Ce trait caché dans tes lèvres de rose,

ce Et sur tés dents aiguise par l'Amour?

« Oui, je succombe à ma langueur extrême;

(c Je suis contraint de hâter mon bonheur :

IQlais à tes pieds ton modeste vainqueur

« Veut t'obtenir aujourd'hui de toi-même.

a Viens , Eucharis ; au m)m de tous nos dieux ,

« A ton amant livre-toi toute entière.

« Dans ton alcôve un jour délicieux

a Répand sur nous et l'ombre et la lumière * :

« Si tu rougis de céder la première,

« Dis... Ne dis rien, et détourne les yeux^.»

quelques passages semblables, p. i56. Ils*est même souvenu de celui do Bcrtio. n pouvait ajouter ces vers de Voltaire :

Trente baiaers chastes, pleins de pudeur,

Et tels qu'un frère en reçoit de sa sœur. ^

Il pouvait citer aussi Jean Second , 1. 1 , p. a 66 , de la nouvelle et l)onne édition de M. Bosscha. Mais il faut de la mesure en de pareilles bagatelles.

I Illa ^ereeundis lux est praebenda pueWs , Qua timidus latebras speret habere pudor,^

OviOE, Am.y I, 5.

> Édition de 1780:

Dis-moi de prendre , et détourne les yeux.

i6 LES AMOURS.

Elle se tut : ô fortuné présage !

L'Amour survint; la Pudeur s'envola.

Elle se tut; mais son regard parla.

Du sentiment elle perdit l'usage ;

Ses yeux mourans s'attachèrent sur moi.

cr Ali! me dit-elle', en couvrant son visage

De ses deux mains, a Eucharis est à toi.»

■ Édition de 1780:

Prends, me dilnelle

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