A M. DE BONNARD
Que dès-lors et prudent et sage , Avec ce qu'il fau,t , dieu merci , Pour ne Têtre qu'au dernier âge, Tandis que d'un si bon courage Me livrant à tous mes désirs , Pourvu d'un moins riche héritage, Je le semais sur mon passage , Et dévorais tous les plaisirs; Vous , pour en jouir davantage , ^luptueux épicurien , De tout faisant un peu d'usage, .
Vous n'abusiez jamais de rien.
De l'éternelle Providence Admirons les desseins cachés :
C'est moi qui commis les péchés, Et vous en faites pénitence.
Mais croyez-moi , consolez- vous D'un mal qui vous fait des jaloux.
Et songez que l'on vous contemple.
Disciple harmonieux et doux De l'aimable goutteux du Temple', Comme lui chéri tour à tour.
Et du dieu que l'on nomme Amour, Et du puissant fils de Sémèle , Il ne vous manquait aujourd'hui ,
* L*abbédeChanUeii.
3ao A M. DE BONNARD.
Pour égaler votre modèle , Que d'être goutteux comme lui.
Mais votre gloire est plus brillante; Vous devez vivre plus long-temps :
Car vous obtenez à trente ans Ce qu'il n'eut, dit-on, qu'à soixante.