ÉPILOGUE
O vous qui lirez mes écrits , Lecteurs trop indulgens, voulez- vous me connaître? Au sein des vastes mers l'Afrique m*a vu naître. Faible arbuste, à neuf ans transplanté dans Paris, Et de mon premier ciel favorisé. peut-être, Je surpassai Tespoir de mes maîtres chéris.
Au Pinde et chez les rois, dans les camps, à Cythère,
J'osai me montrer tour à tour.
Sincère et timide à la cour, J'eus pourtant le bonheur de n'y pas trop déplaire. En amitié fidèle encor plus qu'en amour.
Tout ce qu'aima mon cœur, il l'aima plus d'un jour.
Lorsque j'entrai dans la carrière , On caressa ma muse; on daigna l'accueillir, G>mme on accueille , en France , une jeune étrangère. Qui d'un lointain climat dans nos murs vient s'offrir. Le chantre de Femey , sous son toit solitaire , Voyait alors l'Europe à grands flots accourir :
Hélas! j'ai peu connu Voltaire; Je l'ai vu seulement triompher et mourir.
Mais Dorât , mais Bonnard , mais cette foule aimable
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De convives joyeux et d'esprits délicats
Me rechercha long-temps : je leur versaii à table
Les rubis du Pomar et l'ambre des muscats.
Combien tu répandis de charmes Sur ces premiers instans de mes premiers beaux jours , Toi , dont l'absence encor m'arrache ici des larmes , Cher Parn* ! Tu le sais : rivaux et frères d'armes , Et dans tous les sentiers nous rencontrant toujours , Compagnons échappés aux fureurs de Neptune , Témoins de nos succès sans en être jaloux , Espoir, craintes , ennuis , plaisirs , gloire , fortune ,
Tout devint commun entre nous.
Conformité d'âge et de goûts ,
Et d'esprit et de caractère , Resserra chaque jour une amitié si chère.
Mais de ces doux liens qui m'unissaient à toi.
Ton frère, ton aimable frère
Fut encor le plus doux pour moi.
La passion fit mon génie.
Saint-Lambert des Saisons avait chanté le cours) Disciple moins heureux des cygnes d'Âu^onie ,
Moi , dans l'âge de la folie ,
J'aimais : je chantai les Amours.
Tout Paphos applaudit aux accords de ma lyre, Et, sans être fameux , mon nom courut partout.