‹ Œuvres complètes: avec notes et variantesChapitre 133 sur 140 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Je vis à mes accens les dieux même sourire.

Plus d'un héros m'aimait, et daigna me l'écrire.

La Harpe nji'estimait. Cet oracle du goût,

Qui sut le mieux donner, par leur juste mesure ,

Du prix à la louange , et même à la censure ,

M'aborda quelquefois en répétant mes airs.

Delille , dans Marly, me récitait lés vers

Où de ce lieu charmant il vante les prodiges ^

Ses vers qu'il mariait au murmure des eaux.

Au doux bruit des forêts, au doux chant des oiseaux,

Beaux lieux , étaient alors vos plus heureux prestiges.

Mais à peine deux fois j'ai compté seize hivers.

Et déjà dans sa fleur ma jeunesse est flétrie;

Des ombres du trépas mes beaux jours sont couverts.

Il faudra donc bientôt quitter ces antres verts ,

Ces prés , ces bois touffus, ma tendre et douce amie !

Qu'elle remplisse au moins le reste de ma vie !

Pinde, adieu pour toujours! Voici mes derniers vers.

En vain des filles de Mémoire, Dieu des vers, dieu du jour, vous m'offrez les faveurs : Ah ! pour me rendre heureux (et vous pouvez m'en croire) Ma maîtresse en sait plus que vos neuf doctes sœurs.

' Ces vers se trouyent dans le premier chant des Jardins :

Venez , sniyez mon toI an pa3rs des prestiges , A ce pompeux Versaille , à ce riant filarli , Que Louis , la Natifs et l'Art ont embelli : etc.

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