‹ Œuvres complètes: avec notes et variantesChapitre 19 sur 140 · LIVRE I. a · texte numérisé non relu

LIVRE I. a

Emprunte du sérail \e$ magiques atours; Ou, qu'à mes sens ravis sa tunique étrangère D'un sein voluptueux dessine les contours!

L'Amour même a poli sa maân enchanteresse; Ses bras semblent formés pour enlacer les dieux.

Soit qu'elle ferme ou qu'elle ouvre les yeux,

Il faut mourir de langueur ou d'ivresse.

Il faut mourir, lorsqu'au milieu de nous , Eucharis, vers le soir, nouvelle Terpsichore, Danse, ou, prenant sa harpe entre ses beaux genoux, Mêle à ce doux concert sa voix plus douce encore % Que de légèreté dans ses doigts délicats^!

Tout l'instrument frémit sous ses deux mains errantes; Et le voile incertain des cordes transparentes. Même en les dérobant , embellit ses appas.

Tel brille un astre pur dans le mobile ombrage ; Telle est Diane aux bains, ou telle. on peint Cypris,

Dans Amathonte , à ses peuples chéris

Se laissant voir à travers un nuage ^.

*■ Édition de X78« :

Prend sa harpe dans ses genoux , £t mêle aux doux concerts sa voix plus douce encore.

Almanach des Muses :

Prend la harpe

' Seu Ijme carmen digitis percussii ehurnis , Mirainut faciles ut premat arte manus.

Vropb&cz, X(, 1,9.

^ Il songeait , je pense , au début du Temple de Guide : « Vénus pré- « fère le séjour de Gnide à eelui de Paphos et d* Amathonte. Elle ne des-

3o LES AMOURS.

O vous, qui disputez le prix, Le prix divin des talens et des charmes,

Je n'ai qu'à montrer Eucharis, You^ rougirez, et vous rendrez les armes. On parle de Théone ; on vante tour à tour Euphrosyne et Zulmé, ces deux sœurs de l'Amour, Aglaure, Issé^ Corinne, et Glycère, et Julie, Et mille autres beautés, ornemens de la cour : Eucharis est plus belle et cent fois plus jolie.

Lorsqu'elle parut l'autre soir

Dans le temple de Melpomène ', On lui battit des mains, on la prit pour la reine ^ Et tout Paris charme se leva pour la voir.

L'aimer, lui plaire enfin , est mon unique eiivie ^ ; A posséder son cœur je borne tous mes vœux :

Eh! qui voudrait donner un seul de ses cheveux

Pour tous les trésors de l'Asie^ ?

« cend point de POlympe sans venir parmi les Gnidiens* Elle a tellement « accoutumé ce peuple keureux à sa vue , qu*il ne sent plus cette horreur « sacrée qu'inspire la présence des dieux. Quelquefois elle se couvre d'un « nuage...»

' C'est-à-dire, à la Comédie Française, le seul théâtre de Paris où l'on jouât alors la tragédie.

2 ^Édition de 1780 :

LHdolâtrer enfin , voilà ma fantaisie.

3 Num tu quœ tenuit dives AchcemeneSf Autpingtùs Phrygiœ Mjrgdonias opes Permutare velis erine Licymniœ , Plenas aui Arabum domos?

Horace, II, Oi/. la, 21.

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