LIVRE I
ELEGIE XIII
A EUCHARIS
Si les vents, la pluie et la foudre, La nuit y sous un ciel orageux, Menacent de réduire en poudre Nos toits ébranlés dans leurs jeuK, Tu te rapproches, tu me presses; Je sens tes membres agités :
Et, triste au sein des voluptés, « De nos innombrables caresses, « Les dieux, dis-tu, sont irrités.»
Eh! qu'importe à ces dieux paisibles; Nourris d encens sur levirs autels^ L'amour de deux faibles mortels, Qu'eux même ils ont créés sensibles * ?
Quel mal leur fait ce doux plaisir, Chef-d'œuvre heureux de leuîp puissance.
Cet éclair de la jouissance
' Édition de x8a3:
Qu'eux-mêmes ont créés sensibles. Cette leçon Tient d'une faute de Tédition de Tan x , où il y a : Qn*eux<^ifMÎntf« iU ont créés sensibles.
Que Ton peut à peine saisi i; * ?
Les dieux ne sont point en colère.
Va , cesse enfin de t'alarmer ; Rejette une erreur populaire; trois- nioi, dans la saison de plaire Le Ciel ne défend point d'aimer.
Aimons, ô ma belle maîtresse; Buvons nos vins délicieux ; Et que dans cette double ivresse, La mort, au sein de la paresse, Vienne demain fermer nos yeux.
L'amour, par une pente aisée , La tête ceinte encor de fleurs, Loin du triste séjour des pleurs ^ Te conduira dans TÉlysée.
Là, sous des berceaux toujours verts, Au murmure de cent fontaines , On voit les ombres incertaines Danser, former des pas divers ^ ; Et l'écho des roches lointaines
> Édition de 1780:
Qu'on ne peut un moment saisir.
" Ibid.:
Encor chérie , encor baisée , I/amour, par des sentiers de fleurs , Loin du triste...
3 md. :
En rond former des pas divers.