A UN AMI
Ah! c'en est trop : crois-moi, l'affreuse Envie Se hâte en vain de nommer mon vainqueur.
Le doux objet qui m'a repris son cœur Me l'a rendu : c'est pour toute la vie.
Je défierais et les rois et les dieux De m'enlever désormais sa tendresse ; L'éclat des rangs importune ses yeux ; L'Olympe entier n'a rien qui l'intéresse; Mon Ëucharis awc titres orgueilleux, Préfère encor le nom de ma maîtresse.
Elle aime mieux, quand la rigueur du froid, Durant la nuit, attriste la nature, S'arranger même au bord d'un lit étroit, Et partager mon humble couverture , Que de régner sur cent peuples divers, Ou d'étaler aux rives de la Seine Plus de palais et de jardins ouverts, Que n'en eut Rhode , et Corinthe , et Mycène. Son cœur enfin ne saurait me tromper.
C'est pour moi seul qu'elle veut être belle;