LIVRE IL
Hélas! j'exhale en vain ma plainte misérable, Au milieu des frimas, sur la pierre étendu ^ Le voilà donc le prix de ma longue tendresse! Qui croira désormais à ses attraits menteurs? Après sept ans entiers de bonheur et d'ivresse^. Il faut me détacher de ses bras enchanteurs.
Je vais donc maintenant, tel qu'un ramier sauvage, Qui, sur le rocher nu, lamente ses ennuis.
Seul, dans un lit désert déplorant mon veuvage, Mesurer tristement le cercle entier des nuits ^ ! Du moins, l'amant trahi d'une beauté cruelle. Qui, ne pouvant fléchir ses injustes mépris, Se venge en l'imitant , forme une amour nouvelle, D'un regret moins amer voit ses beaux jours flétris :
' Édition de 1780:
Aux frimas rigoureux, sur la pierre étendu.
Ergo ego sustinui^Jorièus tant sttpe repulsus^
Ingenuum dura ponere corpus humo !
Ergo ego nescio cm, quem tu compUxa tenebas,
Excuèui elausam, servus ut, ante domum.
Ovide , ^m. , III , 1 1 , Q.
• F'oyez plus bas l'Élégie x.
3 Édition de 1780:
Seul , dans on vaste Ut déplorant mon veuvage , Mesurer tristement le cercle entier des nuits.
Bfunc primum longas solus cognoscere noctes
Cogor,
Properce, I, la, i3.
Frîgidus in viduo destituere toro.
OviDB , Am. , III y 5 , 4a.
Mon sort à moi, mon sort, en perdant Eucharis, Est de ne pouvoir plus aimer une autre qu'elle. Employez l'artifice, étalez mille atours :
Non , vous ne m'aurez point , orgueilleuses maîtresses! Eucharis a reçu mes premières caresses ; Eucharis obtiendra mes dernières amours'.
^ Édition de 1780 :
Eucharis au tombeau finira mes amours.
At si despectus potuU mutare colores , Sunt qw^ue translate gaudia servitio.
Mi neque amare aliam , neque ab liac discederejas est. Cjmthia prima fuit : Cynthiajinis erit.
Propercb, ihid.f 17.
De tes erreurs j*ai causé la première ; De mes erreurs tu seras la dernière.
Paritt.