‹ Œuvres complètes: avec notes et variantesChapitre 43 sur 140 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

Quand sa pudeur m'opposait des verroux l

Combien de fois dans Tênceinte profonde

De ces ruisseaux en fuyant retenus ,

Au jour baissant, je vis ces charmes nus

£n se plongeant embrassés de leur onde,

£t sur les flots quelque temps soutenus!

Je croyais voir ou Diane, ou Vénus,

Sortant des mers pour «mbellir le monde.

Combien de fois, au sein même des eaux,

Qu'elle entr'ouvrait, me plongeant après elle,

£t la pressant sur un lit de roseaux ,

Je découvris une source nouvelle

De voluptés dans ces antres nouveaux!

O voluptés! délices du bel âge.

Plaisirs, amours, qu'éteS"- vous devenus?

Je crois errer sur des bords inconnus ,

Et ne retrouve ici que votre image.

Dans ce bois sombre, en cyprès transformé ,

Je n'entends plus qu'un triste et long murmure ;

Ce vallon frais, par les monts renfermé.

N'offre à mes yeux qu'une aride verdure;

L'oiseau se tait; l'air est moins parfumé,

Et ce ruisseau roule une onde moins pure:

Tout est changé pour moi dans la nature ;

Tout m'y déplaît : je ne suis plus aimé.

ELEGIE VL

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