‹ Œuvres complètes: avec notes et variantesChapitre 62 sur 140 · LIVRE III. xiS · texte numérisé non relu

LIVRE III. xiS

ELEGIE III

A LÀ MÊME

Songes^y bien, ma bergère :

Une heure après le lever

De rétoile de ta mère,

Dans ton réduit solitaire.

Ce soir j'irai te trouver.

La Nuit, de crêpes couverte ,

Protégera nos plaisirs.

Laisse ta porte entr'ouverte

Au tendre essaim des Désirs.

Ecarte de mon passage

Tout fer ou marbre inhumain ' ;

Et, d'un pied discret et sage

Interrogeant le chemin,

Si mon doux p^ril te touche ^,

' L*éditeiir de x8a3 a écrit :

Tout fer, tout marbre inhnmaiii.

La correction est bonne; et nous Tondrions qu'elle eât été faite par Fauteur.

> Si mon doux péril te toncbe.

Vers ajouté dans l'édition de 1 7 8 5.

ii4 LES AMOURS.

Fais qu'au signal de ma bouche Je rencontre encor ta main Pour me guider vers ta Couche.

Ciel ! que ce temps si léger' ^ Paraît long, quand on espère!

Le Soleil sous Thémisphère Ne veut donc pas se plonger?

Accourez, humides Heures Qui présidez à la nuit :

Répandez sur nos demeures Ce calme heureux qui vous suit.

O fleurs, pressez-vous d'éclore Pour mes desseins les plus doux; Et toi, Sommeil c[ue j'implore, Jusqu'au retour de l'Aurore Assoupis l'œil des jaloux *.

■ Léger n*est pas ici le mot propre. Il ne £ût pas une juste antithèse avec long,

* La leçon de l'édition de 1 7^0 est ici fort différente et fort inférieure:

Le Soleil soas rbémisphère Ne veut donc paa se j^onger ?

.Plus fier ou moins intrépide A la fin de ses travaux.

Sur le penchant des coteaux n retient son char rapide.

Et s'arrête au bord des flots.

Tritons, ouvrez la barrière A ses coursiers écumans ; Thétis , dans tes bras charmans Qu'il finisse sa carrière.

Dieux, reprenez la lumière , Et laissez Tombre aux àma&s !

Page 1