LIVRE III
ELEGIE VIII
A jLA M£ME.
Me voici dans le froid séjour De l'artifice et de la haine % Occupé de mon seul amour.
Et sur le papier, nuit et jour, Tristement déposant ma peine.
Depuis nos funestes adieux J'ai vu quarante jours édore ; Combien s'écouleront encore* Avant qu'on te rende à mes yeux!
Tu me demandes, à toute heure, Ce que fait ton fidèle amant?
I Ceit une périphrMe pour désigner la Cour, et qui la déng;ne mal ; car il y a de l'artifice et de la haine à la ville, au village, ainsi qu'à la Gopr. Bernard commence une épttre datée de Fontainebleau, par ces ▼en dont il semble que Bertin se soit souvenu :
nu firoid séjour de la gnndeiirt récris à ma chère Thémire.
L'expression de Bernard est plus juste.
* N'est-ce pas un latinisme? ComhUn ne demande-t-il pas sim complément? Le latin quoi aura trompé Bertin, accoutumé à lire les élégiaques romains. Nous n'avons pas , je crois , reçu ce latinisme.
i3o LES AMOURS.
Tu le;dWiAe« aisément.
j[|' soupire, il gémit, il pleure, Il te rappelle încessamnient.
Unique objet de mon hommage.
De mon encens et de mes vœux , Cent fois j'adore ton image, Cent fois je baise tes cheveux; Et, dans ce palais fastueux , Tandis que la foule importilne Fatigue l'aveugle Forûine De mille cris ambitieux, Moi, sans désir < et sans envie, Libre de soins, content des ciieux, Et presque étranger ^ daas i^es lieux , Hélas ! je ne demande aux dieux Que d'être aimé de Catilîe.
Mais toi , comptes*tu les momens Que je traîne dans les alarme^?
As-tu ressenti mes tourmens?
Et, loin de moi , tes yeiix charmans"; Ont-ils répandu quelques larmes?
L'air triste, et les regards baissés.
Vas-tu, rêveuse et solitaire,
* Édition de 1780 :
. . . sans désirs ...
* Ibid.:
Étranger presque ...