LIVRE III. i
Tout promet à mes feux un retour moms trompeur. C'en est fait, Eucharis : je ne peux, plus vous suivre. L'amour ne renaît point ; il est mort entre nous. Mais le nœud qui nous reste est encore assez doux ; A l'amour qui n'est plus l'amitié doit survivre.
L'amitié vous rendra toujours
Présente et chère à ma mémoire;
Et , quand de ces instans si courts , Remplis par mon bonheur, mais perdus pour ma gloire,
La mort viendra trancher le cours; Quand mes plus chers amis environnant ma couche', Pour me cacher leurs pleurs détourneront leurs yeux, Et, retenant mon âme errante sur ma bouche.
Recevront mes derniers adieux :
Alors, peut-être, alors la tendre Catilie,
En proie au plus cruel chagrin , Ses longs cheveux épars, d'un froid mortel saisie. Pour la dernière fois permettra, sans envie.
Que votre main tremblante, aidant sa faible main. Soutienne sur son cœur ma tête appesantie.
Mes yeux prêts à la perdre , hélas ! et sans retour. Chercheront pour la voir un reste de lumière ^ ;
I Quum eapùe koe Stjrgiat jam poterentur aquœ , Et lectumjientes àreum starmnus anuei,
PrOPBRCK, II, 7.
* oeuUtque emHtibus ako
Qtutswiteœlo lueem,
VXROILE.
iS6 LES AMOURS.
Et sa main que j'aimais, au doux éclat du jour, Sa main seule, Eucharis, fermera ma paujûère.
Vous fûtes ma première amour;
Biais elle sera la dernière.