LIVRE IIL i4i
II punirait.. • FïiFdonne, je m'égare.
Non , non , crois*moi , le ciel h*est point barbare ;
Il permet tout aux malheureux amans.
Il a voulu que Pâmante éplorée ^
Qu'un sort impie ou qu'une injuste loi
Force à donner sa main désespérée,
Et qu'à l'autel on traîne malgré soi ,
Pût oublier impunément la foi
Que sa faiblesse ou sa crùnte a jurée
C'est moi , c'est moi qui d'un soin endianteur,
Dès ton aurore ai su remplir ton âme;
Je suis l'objet de ta première flamme,
Dans l'art d'aimer ton premier précepteur ;
Ton cœur sensible est mon heureux ouvrage :
Tu m'appartiens ' : c'est moi seul qu'on outrage,
Et ton époux est un usurpateur.
Quoi! je verrai son insolente ivresse !
Quoi ! j'ornerai son triomphe odieux !
Ah! s'il est vrai que ta vive tendresse
Me redemande aux pieds même des dieux ;
Si mon amour à ce point t'intéresse ,
S'il t'est plus cher que la clarté des cieux ,
Ne souffre point , ô ma belle maîtresse ,
Que devant moi le barbare te presse
' ITest^e pai moi de qui rUenreiisc adresse, Alix Yoloptés iustraUit ta jeunesse ?
Ponr le donner, ton c«ar est-il à toi?
Parut.
i(a LES AMOURS.
Contre son cœur, et t'embrasse à mes yeux !
Je me connais : à mes yeux s'il t'embrasse ,
S'il cueille un prix qui n'est dû qu'à ma foi ,
Je me déclare; entre sa bouche et toi
J'étends la main, je préviens ma disgrâce,
Et je lui dis : a Ces baisers sont à moi '. 3»
La nuit hélas ! de ses plaisirs coupables
Viendra trop tôt annoncer le moment:
Que les faveurs , les caresses aimables ,
Le jouf entier, soient du moins pour l'amant !
Regarde-moi : que ces yeux que j'adore
Sur moi fixés expriment tes douleurs;
En se baissant qu'ils me cherchent encore ,
Et quelquefois se remplissent de pleurs.
Si tu me joins au milieu de la danse ,
Sois prompte alors a me serrer la main;
Si tu me fuis , sans rompre la cadence ,
Dis-moi tout bas : « Nous nous verrons demain. »
Mais, ô douleur! ô contrainte funeste!
Quand sous un dais de guirlandes paré.
Nouvelle épouse , au banquet préparé
> Tiecpremat impositis sinito tua colla lacertis».. Oscala prœcipue nuUa dédisse vêtit.
Oseula si dederis ,^am manifestus amator.
Et dicam, Mea sunt^ injiciamque manus,
Oyzde, Am.f 1, 4*
Improba tum nfero jungentes oseula wdi.,»
QiUdJacis ? exclame. Que nune mea gaudia defers ? Injiciam dominas in mea Jura manus.
Otzde , Am. t II » 5.