LIVRE IIL
ELEGIE XIII
A CATILIE'
Dans la contrainte et les alarmes Je vois s'envoler nos beaux jours :
La douleur a flétri vos charmes , Et mes yeux à verser des laranes Semblent condamnés pour toujours.
O la plus belle des maîtresses , Mon bonheur s'est évanoui :
Je perds vos touchantes caresses^, Hélas ! et de ces biens , dont j'ai trop peu joui , Il ne me reste que ma flamme,
< Cette élégie, la seizième et \^ dû-septième» ont paru dans TAlmanach des Muses de 1784; et l'éditeur de ce recueil annonçait qu'elles étaient tirées d'une nouvelle édition des Amours y qui alltfit paraître. Elles y sont signées du nom du chevaiUr de Sert *.
* Almanach des Muses» 1784, p. 71 :
De tant d^erreurs enchanteretses, Hëlas! qoi m^aTaient ébloui.
Que reste- t-il à mes tendresses ^ Le soaTenir de tos earesses Et des plaisirs dont j'ai joui.
Tout br&le
Vos lettres , mes regrets , mes désirs superflus , Et la triste. douceur de nourrir dans mon âme L'éternel souvenir d'un bonheur qui n'est plus. Tout brûle autour de moi , tout aime , Tout s'enivre de voluptés ; Deux à deux , vers le bien suprême Je vois tous les cœurs emportés; Sans crainte à la ville, au village, On forme des liens charmans , Et l'univers n'est qu'un bocage Peuplé de fortunés amans ^ L'Amour d'une douce folie Prend soin de remplîr> leurs momens :
Nous seuls , ma chère Catilîe , - Nous seuls éprouvons ses tourmehs.
Sans témoins une loi sévëre Me défend de vous approcher ; A l'œil d'un époux ou d'un père Toujours soigneux de me cacher, Depuis une semaitie éi^fière, Je n'ai pu seulement toucher La main et si douce et si chère , Où , sans exciter leur colère , Du mortel ' le moins téméraire
> Almanach des Muses De Tami . . . .