LIVRE III
Viens , conduis sous mes toits rustiques Ces demi-dieux enfans ' qui ne te quittent plus : Je n'ai point à t'ofFrir de superbes portiques *, Ni de marbres vivans , ni ces lacs magnifiques Qui creusent les jardins ^ des nouveaux Lucullus. Mais, ô touchant objet de ma dernière flamme , (Car nulle autre après toi ne charmera mes yeux*) Je te promets des jours aussi purs que ton âme , Et des bois à midi sombres , déUcieux; Je te promets , le soir, des grottes solitaires , Un bain rafraîchissant dans, des eaux salutaires , Les fruits que tu chéris , un vin pur et vermeil ,
> Gatilie mariée était-elle devenue mère? Ses enfans sont-ils désignés poétiquement?
■ iVioi» ehur, neque aureum
M«a renidei in daimo iacunar.
HORAC£, II, 18.
3 L'expression est impropre et forcée.' On ne peut dire qu'un lac creuse un jardin ^ surtout quand on peint ce lac comme un ornement magnifique. Bertin semble s'être souvenu de ce passage de l'épitre lxxyi de Voltaire; mais que l'expression du grand poëte est plus juste!
Ne Tante plus ces lacs et leurs bords magnifiques , Ces lacs que la Nature a creuses de ses mains Dans les campagnes italiques.
4 Age^jam meorutn
Finis amorutn ( lion enim posihac alia eaUsbo Femina) : condisce modos, amamla F'oce quos reddas.
HORÀCIE , IV , Od. Ht 3i .
i5o LES AMOURS.
Des essaimsbourdonnansdanslecreux des vieux chênes, Et le concert flatteur de vingt sources prochaines % Dont le murmure invite aux douceurs du sommeil ^. Là, cachés prudemment dans mon enclos fertile , Nous passerons en paix la saison des chaleurs ; Là , mollement couchés sous un tremble mobile, J'ornerai tes cheveux de guirlandes de fleurs; £t de ce prix divin , dont ta bouche est avare , Payant mes tendres soins , le cou penché sur moi , Sfans craindre désormais que la nuit nous sépare ,
Tu chanteras sur ta guitare Nos plaisirs, et les vers que j'aurai faits pour toi.
> H a déjà, p. lao, donné aux sources cette même épithète.
* Bûf interjîumina nota
Et/bntet sacrotJrigÊU captabit opaeum.
Hinc Ubi, quai semper wcino ab limite stepet BjhUeis apihut JIxtrem depasta saUeti, Sœpe levi sommun tuadebU inire futurro,
XlRGlLifEcl. I.