LIVRE III. iSi
ELPGIEXV.
LA MERIDIENNE.
A LA MÊME
Dieux ! que IW eat oalme et pesant !
Dieux ! qu'il fait chaud l Sur quda rivag Sous quels favbmbles ombrages Veux-tu reposer à préseatit ^ ?
Le ciel se couvre de nuages ; Neptune agite son trident^ J'ai vu briller à l'occideiit L'éclair précurseur des orages.
Viens ( ce temps est fait pour l'amour ) , Viens , ô ma tendre et douce amie , Au fond de mon humble séjour, Sur la natte fraîche et polie , Du soir attendre le retour.
Fermons sur aous , à double tour,
* Édàtiagi de 1780 ;
Sous qoeb tolitaires ombrages Ira8>Cu rèrer à présent 7
i5a LES AMOURS.
La porte du verrou munie , Et qu'une épaisse jalousie Nous dérobe aux clartés du jour.
Eh quoi ! ta pudeur alarmée M'oppose encore un yétement!
As-tu peur, ô ma bien-aimée , D'être trop près de ton amant?
Lorsqu'il te presse , qu'il t'embrasse , Peux-tu rougir de son bonheur?
Ote ce lin qui m'embarrasse , Ou des deux mains , sûr de ma grâce , Je le déchire avec fureur'.
De ton beau corps, que j'idolâtre, Mes yeux parcourront tous les traits ^ ; De tes trésors les plus secrets Mes baisers rougiront l'albâtre.
Couvre-toi de fleurs, si tu veux :
Que ce soit ta seule imposture.
Laisse une fois à l'aventure Flotter tes superbes cheveux ;
> Qttod sipeHendeni animo 'vesHta cuharis, Scisêa veste meas experiere manut.
Pbofk&cb ,• XI , 13. ■
On peut comparer Télégie de Pamy, intitulée « le Délire ».
* « Ses yeux erraient sur son beau corps , et ses yeux ne se lassaient •c jamais. » Montesq. Guide , ch. m. — Et un peu plus loin , au même endroit : « Belle reine , quittez ces vains omemens; faites tomber cette toile « importune. »