AUX MANES D'EUCHARIS
Depuis que tu n'es plus , depuis que je te pleure , Le soleil a fini , recommencé son tour :
Je puis enfin vers ta demeure Tourner mes tristes yeux lassés de voir le jour. O toi, jadis l'objet du plus ardent amour, Toi que j'aimais encor d'une amitié si tendre ,
Eucharis, si tu peux m'entendra Des bords du fleuve affreux qu'on passe sans retour, Reçois ces derniers vers que j'adresse à ta cendre. Lorsque, du sort, si jeune^ éprouvant la rigueur, Tu périssais hélas ! d'un mal lent etiuneste , Moi-n^ême , tu le sais , consumé de langueur, Je voyais de mes jours s'évanouir le reste.
Tu mourus : à ce coup , j'en atteste les dieux , Je demandai la mort ; j'étais prêt à te suivre ; A mes plus chers amis j'avais fait mes adieux. Catilie à l'instant vint s'offrir à mes yeux , Me serra sur son cœur; et je promis de vivre.
Trop heureux sous sa douce loi ,