LIVRE III. i
A cet aspect soudain , au murmure de l'onde , Qui seul de ces déserts trouble la paix profonde ,
Je me sentis tout d'un coup pénétré D'une douce mélancolie; Le souvenir de Catilie Vint resserrer mon c^ur de plaisirs enivré '.
Ah ! que ne puis-je , ô ma jeune maîtresse, Parcourir avec toi ce fortuné séjour, Et dans ces bois touffus, au gré de ma tendresse , T'égarer doucement sur le soir d'un beau jour ! Dans les bois , dans les airs ', sur le bord du rivage , Les oiseaux , deux à deux , se baisent devant moi: Seul ici , je languis dans un triste veuvage. Faut- il sans toi fbuler'cette Aïoùsse sauvage? Dans ces détours secrets faut- il errer- sans toi?
Vois ce ruisseau qui, dans sa pente Mollement entraîné , murmure à petit bruit , Se tait , muimure encor, se replient serpente , Va , revient , disparaît , plus loin brille ^ et s'enfuit , Et , se jouant, dans l^ prairiç
1 Édition de 17^0:
Viut 8*offinr à mon coeur de moUeaae enÎTré.