LIVRE IIL
D'Alcinoûs et de Sémiramis,
Prodiges nés du cerveau des poètes % Et dans leurs vers menteurs jusques à nous transmis !
Disparaissez , inonumens du génie , Parcs , jardins immortels ^, que Le Nôtre a plantés.
De vos dehors pompeux l'exacte symétrie
Etohne vainement mes regards attristés.
J'aime bien mieux ce d^rdre bizarre , Et la variété de ces riches tableaux Que disperse l'Anglais d'une main moins avare. Du haut du belvéder mon œil au knn s'égare, Et découvre les bois , kt verdure et les flots. Là y parmi des rochers de structure inégale , Que Neptune a produits d'un coup de son tridmt , Un torrent écumeux tombe , et roule en grondant , Et bientôt lac tranquille au pied des monts s'étale ^. Ce lac , ces monts sacrés, sont au dieu de Délos.
< Édition de 17S0:
Jtrdins édos du cerreau des poètes ;
ce qui, peut-être, yalait mieux : car le potager ou verger d*Alcinoûs ne peut en aucune htpn être appelé un prodige, n faut encore remarquer rinexactitude des deux leçons : car les jardins de Sémiramis nous sont connus par Thistoire.
» lèid.:
Svperbes parcs.
• Là, parmi des rochers d^iné^ale structure. . . Et forme aux pi^ des monts un lac ca miniature.
i64 LES AMOURS.
Voici le frais Hémus et le riant Ménale.
De ce nouveau Tempe le tortueux dédale Sert d'asile à l'enfant qui règne dans Paphos.
O vous , qui craignez son empire , Fuyez , fuyez ' ; l'Amour anime ces beaux lieux : Dans ce vallon délicieux C'est lui qu'avec l'air on respire.
De ces sentiers étroits la douce obscurité , Ces trônes de gazon, cet antre ^ solitaire , Ces bosquets odorans qu'habite le Mystère^, Tout parle de l'Amour, tout peint la volupté. Sous des lilas ,;dont la tige penchée Du midi même amortit les chaleurs , Du haut des monts une source cachée Tombe en cascade, et fuit parmi les fleurs.
J'approche : quels objets ! L'herbe à demi couchée Des débris d'un bouquet était encor jonchée; Et deux chiffres, plus loin sur le^able enlacés. Par le souffle des vents n'étaient point effacés*.
^ Édition dem 7^0 : Fuyez n'est pas répété.
* Ibid.:
• . ., ce rédniL
propices au mystère.
4 Ibid. :
et fuit parmi les fleurs.
On dirait <pi>n fuyant elle roule des plenrs. Tout auprès l'herbe était encor couchée.
Et sur le sable uni deux chiffres enlacés *
Par le sonffle des Tcnts paraissaient effacés.