A UNE FEMME
Je périrais * cent fois d'ennui De le voir protéger ma llamme, Et d'être , en lui soufflant sa femme , Encor remercié par lui.
Que cet homme me désespère !
Il n'est soupçonneux ni jaloux !
Monsieur, toujours paisible et doux , Me verrait , je crois , sans colère. ... Moi , Madame , en sachant vous plaire , Je veux déplaire à votre époux.
Je veux , pour vous trouver plus belle , Et mes plaisirs cent fois plus courts , Que sa jalousie éternelle Se plaise à troubler nos amours^,
■ Âlmanach de 1 7 7 5 :
Je périrai
» Ce passage rappelle ce que dit avec élégance M. Garât, dans la Vie du chevalier de Eouuard , p. 45 : « C'était le moment où presque tous les "jeunes talens, et même ceux qui n'étaient plus jeunes , voulaient mériter << la gloire par des Bagatelles, par des Caprices, par des Fantaisies, et << semblaient croire que , pour se faire un nom immortel , il n'y avait « rien de tel que des poésies fugitives. Les poètes n'étaient plus que des " petits-maîtres qui pailaient, en vers gais, des femmes qu'ils avaient « désolées, des towg'c.s qu'ils avaient donnés, et quelquefois même, pour n étonner par le merveilleux , de ceux qu'ils avaient reçus ; des maris qu'on « trompait pour les rendre heureux , et qu'on priait en grâce d'être un peu •' plus jaloux que de coutume. »
■iGk A UNE FEMME.
Et que pour mieux triompher d'elle, Un nouveau danger tous les jours M'inspire une ruse nouvelle.
Faut-il aller au rendez-vous?
Palpitant d'amour et de rage, D'espoir, de crainte, et de courroux.
J'aime à trouver sur mon passage Un large suisse et deux verroux.
Alors que les faveurs sont chères !
Que les caresses ont de prix !
Et dans ces amoureux mystères.
Si, par malheur, j'étais surpris?
Quand Vulcain venait à paraître , On sait que des bras de Vénus , Mars en chemise, et les pieds nus.
Sautait gaiement par la fenêtre.