LIVRE I
Que l'avide marchand s'éveille, Kt quitte sans pitié le maternel séjour, Amoureux des travaux qu'il détestait la veille ^ ;
Qu'il brave et les sables brûlans *,
Et les glaces hyperborées; Qu'il fatigue les mers, qu'il enchaîne les vents, Pour boire le tokai dans des coupes dorées ^ : J'aime mieux du soleil éviter les chaleurs Sous l'humble coudrier soumis à ma puissance. Périssent les trésors, plutôt que mon absence, O ma chère Eucharis, fasse couler tes pleurs ^! Que me faut-il à moi ? des routes incertaines Sous un ombrage frais, de limpides fontaines ^, Un gazon toujours vert, des parfums et des fleurs.
' Ltictantcni Icariis jluctibus Africum Mercator ntetueiis , otium et oppidi Laudat rura sui; mox rejlcil raies Quassas tndocilis pauperiem pati.
Horace, i , Od. i.
' Édition de 1780 :
les sables luouvans.
^ Dives ut aureis
Mercaior exswcet cululUs yina Syra reparata merce.
Horace , i , Od. 3i , 10.
' O quantum est auri polius pereatque smaragdi , Quam fleat ob nostras ullu puella aùas.
'J'iiiUi-r.E , 1 , 1 , 5l.
^ Hic gelidi foules ; hic inollia prala , Ljcori.
Virgile, Ed. x , /| r.
Oui, ma divine maîtresse, Pourvu que sur mon cœur je presse tes appas, Qu'importe que la Gloire, accusant ma paresse, Agite le laurier qui m'attend sur ses pas ^ ?
Loin du tumulte et des alarmes.
Je vivrais avec toi dans le fond des forets^. Ce bras n'a jusqu'ici manié que des armes ; Mais disciple, avec toi, de la blonde Cérès, Je ne rougirais pas de dételer moi-même
Des bœufs fumans sous l'aiguillon ^, De reprendre, le soir, un pénible sillon, Et de suivre, à pas lents, le soc de Triptolème^. Je ne rougirais pas, sous mes doigts écumaDS,
' Te hellare decet terra , Messala, manque... 3Ie relincnt 'vinclumjormosae vincla puelLe..-. iVo/t ego lamiari euro , mea Délia ; tccum
Dummodo sim, quœso, segnis inersque 'voces. TiBULLE, I, r, 53.
- Hic nemus ; hic ipso ti'cuin consumerer œvo.
Virgile , Ed. x, 4'*
' Ipse boves , mea , sim lecum modo , Délia , possim Jungere.
TiBCLLE, I , Il , 71.
* O ego , quum dominam ad<picerem , quamjorliter illic f^ersarem aiaHiU) piiiguc l/idente solum , Agricoltvque modo curvum sectarer aralrum !