LIVRE I. 53r
Qui bourdonne à ta suite ', et t'annonce en tous lieux ? Que fais-tu la dernière au sorlir du théâtre? Que fais-tu la première au temple de nos dieux' ? Pardonne, orna jeune maîtresse:
Mon cœur s'inquiète aisément '.
Je l'avouerai : dans ma fougueuse ivresse Je ne sais point aimer paisiblement "i. L'oiseau, (jiii dans ton sein repose mollement, Et mord en se jouant la langue enchanteresse ^, D'un enfant au berceau l'innocente caresse,
■ Édition de 1780 :
Qui bourdonuc à ton rliar...
^ C'est l'église qu'il désigne aiusi. Les poêles erotiques sont p;u' l'oii un peu trop païens. Paruy a dit quelque part :
Conformez-vous à nia religion;
Soyez paieuuf : ou doit l'être à votre âge.
Il y a trop de licence daus ce badiuagc.
3 Oinnia me lœdunt. Tiinidus suin. Tgnosce tiniori.
l'p.orERCE, ri, 5, i3.
'• Je Tavoiicrai : mou oœiir ne veut rien qu'ardemment ; Je me croirais liai d'être aimé faiblement.
ZviRE, 1 , 2.
^ Nous avons préféré celle ancienne leçon à la correction de 1780:
Et de son bec saisit ta langue cuebantcrcsse,
< )ii se rappelle le moineau de Lesbie :
Passer, deliciœ mece puellœ , Qniciim ludeie , quem in sinu tenere , Quoi, primum digitum dare adpelenti , El acies solet incitare morstis.
Un baiser de ta sœur alarme ma tendresse % Et désespère ton amant.
Je suis jaloux de l'ouvrier habile Qui de ton corps mesure les contours ; Je suis jaloux de ce marbre immobile, Qui tous les soirs te voit changer d'atours = ; Je suis jaloux de toute la nature ; Et malheureux, jour et nuit tourmenté,
Je crois voir un rival caché dans ta ceinture,
Et sous le tissu fin qui voile ta beauté^.
Revenez, revenez, doux enfans de Cythère'^;
Ramenez-nous la paix et les aimables jeux;
Cachez à mes rivaux mon crime involontaire;
Couvrez ces vils combats des ombres du mystère :
Eucharis me sourit, ma grâce est dans ses yeux.
ï Me Ledit, si multa tihi dedil osciila, mater; Me soror...
Pboperce , IX, 5.
^ Quoique slalue, peut-être, ou simplement la cheminée, quelque meuble.
3 Et miser in tunica sii.ipicor esse viriun.
Proi'ERCe , ibid.
'< Revenez, enfans de Cytlièrc.
Parny, Poés. érotiq. , m, 3.