LIVRE II
Elle craindra de me désespérer.
Heureux l'amant, quitté de sa maîtresse, Qui la rencontre, et qu'elle voit pleurer *!
' Feiix qui poUùt jinesenti flere pucUœ.
Propf.rce, r , 12, iSi.
6i LES AMOURS.
ELEGIE II
Je n'ai plus d'Eucharis! Que m'importe la vie? O nuit, viens dans ton ombre ensevelir mes yeux. Je n'ai plus d'Eucharis! Après sa perfidie, Je ne veux plus revoir la lumière des cieux. Moi qui, près d'elle assis dans son char radieux, Marchais ' environné de la publique envie ; Moi qui, paisible roi, dans son âme asservie Éclipsais l'univers et balançais les dieux ^, De sa haine aujourd'hui monument déplorable, Dans la foule importune esclave confondu, Triste, et mouillant de pleurs sa porte inexorable,
' Le rapprochement dus mots assis et marchais n'est peut-être pas fort heureux. Toutefois l'emploi du mot marclwr a ici une emphase trèspoétique. C'est Vincedcrc des Latins.
Vos superbes rivales
Qui disputaient mon cœur et marchaient tos égales. Zaïre, m, 6.
Eux qui n'étaient pa» faits pour marcher nos égaux. Glympie, I, 2.
* L'auteur a écrit en 1785, « effarais tous les dieux » : nous avons repri> la leçon de 1780, qui nous a paru meilleure. C'est une imitation d'un vers de l'Iphigénie :
Ai'liilte furieux
Épouvantait l'armée et partageait les dieux.