‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 44 sur 137 · LIVRE H · texte numérisé non relu

LIVRE H

Tu ne connais pas les dédains De cette amante impérieuse , Et sa colère impétueuse.

Et ses caprices iidiunuiins.

La paille errante et passagère, Qui dans l'air tourne en s'élevant, La laine éparse au gré du vent, La feuille du tremble mouvant Est moins inconstante et légère ; Cent fois plus terrible en ses jeux Que la cascade vagabonde, Qui des Apennins orageux Se précipite, écume, gronde.

Et roule dans les champs fangeux ; Ou que la mer Adriatique ^ , Quand des bords d'Europe et d'Afrique Deux vents déchaînés dans les airs, Jusque dans le sein de Venise , Sur le dos de Neptune assise, Font bouillonner les flots amers.

improho

Iracundior lladria.

Horace , iri , 0</. y.

Fretis acrior Hailriœ Curvaatis Calabros sinus.

id.,i, od. ■^^.

ELEGIE MI

A EUCHARIS

Qui t'aimera jamais comme je t'aime?

Dans tes yeux seuls qui mettra son bonheur?

Reviens, ô mon bien suprême; Entre mes bras abjure ton erreur; Reviens, crois-moi : mon visage N'est point si changé du temps.

Vois sur mon front ces cheveux bruns flottans : De la vieillesse ont-ils senti l'outrage?

Ne rougis point de mon âge ; Je compte à peine un lustre après vingt ans'. Je suis cher à Vénus, cher au dieu de la Thrace; Au milieu des festins je bois le vin mousseux ; Emule de Chapelle, et disciple d'Horace, Parfois son luth, avec grâce, A retenti sous mes doigts paresseux.

Qui sait mieux, à pas lents , dans une nuit obscure, Chercher furtivement l'objet de ses désirs,

' Cette élégie a dû être écrite vers 1777.

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