‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 69 sur 137 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Entendre à mon côté le parquet qui résonne'. Soudain mon cœur palpite, et tout mon corps frissonne; Crédule, je m'élance, en étendant les bras; Je te cherche dans l'ombre, et te nomme tout bas. Vaines illusions! Déjà la nuit s'avance. Et l'astre du matin blanchit l'azur des cieux *. C'en est fait : le jour croît; je n'ai plus d'espérance; Les esclaves en foule ont inondé ces lieux.

Et tu ne crains pas ma vengeance?

Que diras-tu pour ta défense

Demain, en t'offrant à mes yeux?

Est-ce ainsi (réponds-moi), beauté vaine et frivole, Qu'on outrage l'Amour, qu'on insulte à Cypris?

De ce temps hélas! qui s'envole,

Un jour tu connaîtras le prix.

Lorsque le printemps passe, et qu'on n'est plus jolie, Que de regrets cuisans , de repentirs amers ^ ! Combien tu pleureras ton orgueil, la folie!

' Dum mihi venturamjltigo , quodcumque movelur, lUius credo tune sonuisse pedem.

TlBULLE, 1 , 8.

1 Tempova noctis eunt...

Jamque prninosos molitur Lucifer axes.

Ovide , Am., i , 7.

^ f'idi ego jam juveneiji , premeret cuni sérier œtas , Mœrentein slullos prœ/eriisse dies.

TiBULLE, I, 4j 33.

lîS LES AMOURS.

Que tu voudras , ô Catilie !

Racheter chèrement cette nuit que tu perds ^ !

• At te pœna manet, ni desinis esse superba. Quani cupies votis hune revocare diem !

TlBULLE, I, 8.

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