LIVRE III. i
Rafraîchis cet éclat dont brille sa beauté; D'un regard languissant, d'un séduisant caprice, D'un refus enchanteur montre-lui le pouvoir; Dis ce qu'on peut donner, ce qu'il faut qu'on ravisse. Ce que tu veux qu'on cache, ou qu'on laisse entrevoir. D'une aimable rougeur que son front s'embellisse, Et que je croie encor surmonter son devoir.
Vois-tu la vigne tortueuse Embrasser les ormeaux et ramper autour d'eux? Que plus tendre, ce soir, ou plus voluptueuse, Catilie, à l'instant qui nous joindra tous deux. M'enlace de ses. bras, m'entoure de leurs nœuds. Et que sa dent légère, en redoublant mes feux ^, Imprime sur ma bouche^ une marque amoureuse^.
eu courouuaut mes feux.
=■ Impressit memorem dente lahrls notant.
Horace, i , OJ. 7 , 12.
^ Ici finit l'élégie dans réditiou de 1785. Dans celle de 1780, elle est terminée par les vers su i vans :
C'est peu : mêle un tourment à des plaisirs si doux. Que l'ombre d'un rival, utile à ma tendresse. Voltige inces,samment autour de ma maîtresse. Importune mes yeux, excite mou courroux. Oui, mon cœur a besoin d'un peu de jalousie.
O ma fidèle Catilie ,
Dût-11 affliger ton amour.
Qu'il craigne de te perdre un jour,.
Pour ue te perdre de la vie.
i34 LES AMOURS.
ELEGIE X
A EUCHARIS'
Est-ce bien vous qui m'écrivez,
Vous qui seule avez fait ma peine , Et dont mes tristes yeux, de larmes abreuvés, N'ont pu long-temps fléchir ni désarmer la haine?
Dieux! quels funestes souvenirs Ces traits jadis si chers réveillent dans mon âme! O douce illusion de ma première flamme! O tendre emportement de mes premiers plaisirs!
Et quelle est donc votre espérance?
Vous semblez revenir à moi; Après quatre ans entiers d'erreurs et d'inconstance, Vous qui m'avez trahi, vous réclamez ma foi :
Il n'est plus temps. Une autre a ma tendresse, Et m'a fait oublier votre injuste rigueur. Aussi belle que vous, incapable d'adresse. Son modeste maintien, ses yeux pleins de douceur. Son cœur simple et naïf, sa docile jeunesse,
' Cette élégie manque à rédition de 1780.