‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 74 sur 137 · LIVRE m. i · texte numérisé non relu

LIVRE m. i

Tout promet à mes feux un retour moins trompeur. C'en est fait, Eucharis : je ne peux plus vous suivre. L'amour ne renaît point; il est mort entre nous. Mais le nœud (jui nous reste est encore assez doux; A l'amour qui n'est plus l'amitié doit survivre. L'amitié vous rendra toujours Présente et chère à ma mémoire ; Et , quand de ces instans si courts , Remplis par mon bonheur, mais perdus pour ma gloire,

l^a mort viendra trancher le cours; Quand mes plus chers amis environnant ma couche'. Pour me cacher leurs pleurs détourneront leurs yeux. Et, retenant mon âme errante sur ma bouche,

Recevront mes derniers adieux :

Alors, peut-être, alors la tendre Catilie,

En proie au plus cruel chagrin , Ses longs cheveux épars, d'un froid mortel saisie. Pour la dernière fois permettra, sans envie. Que votre main tremblante, aidant sa faible main, Soutienne sur son cœu.r ma tête appesantie. Mes yeux prêts h la perdre, hélas ! et sans reloui-. Chercheront pour la voir un reste de lumière^;

Quuin capile hoc Stj^iiv jam poterenlur itquœ , Et lectuin Jlentes circuin staremtis amici,

Pkoperce , II , 7.

oculisque errantibus alti)

Qiiœsivit cœlo lucem.

Virgile.

i36 LES AMOURS.

Et sa main que j'aimais, au doux éclat du jour,

Sa main seule, Eucliaris, fermera ma paupière.

Vous fûtes ma première amour;

Mais elle sera la dernière.

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