LIVRE III
La bouche a droit de s'attacher.
A table , aux jeux , on nous sépare ; Nos Argus veillent en tous lieux , Et, recherchant d'un œil avare Les pleurs qui roulent dans vos yeux , Ils se font un plaisir barbare De troubler jusqu'à nos adieux ^ Mais ne craignez point , ô mon âme , Que leur inflexible rigueur Eteigne ou lasse mon ardeur :
Mes chagrins ^ même et leur fureur Vous rendent plus chère à ma flamme.
Ah ! si , malgré leurs soins jaloux , Mon cœur se fait entendre au vôtre, Mon sort est encore assez doux.
J'aime mieux souffrir avec vous , Que d'être heureux avec une autre.
ilmanach des Muses :
mes adieux.
2 IhuL.
Mai.s ne craignez rien, ù mon âme, De leur inflexible rigueur.
Mes chagrin"!
i48 LES AMOURS.
ELEGIE XIV
A LA MEME
Du fracas rie la ville et des jeux du théâtre, Lorsqu'aux champs tout mûrit, c'est asspz t'occuper
Aux vœux d'une foule idolâtre , Ta corheille à la main , il est temps d'échapper.
Déjà , secouant sa crinière, Le Lion enflammé s'élance dans les cieux^, Et le Soleil rapide au haut de sa carrière , /
Nageant dans des flots de lumière , Retourne à l'équateur d'un pas victorieux ; Déjà le cou penché , sans force et sans courage ,
Et le pasteur et les troupeaux Des hois silencieux cherchent le doux omhrage, Et le zéphyr plus rare , et la fraîcheur des eaux.
Jam P rocyon fiirit , Et Stella vesani Leonis , Sole dies refcrente siccos.
Jam pastor umhras cum grege languido Ri\ •Inique Jesstis quœrit , et horridi Dumeta Silvani; carctjue Ripa -vagis tacilurna l'enlis.
Horace , m , 29.