LIVRE III. i
Le signal est donné : tous les yeux étincellcnt; j
Tous les pieds vont pressant; tous les grains sont ouverts. De riches flots de pourpre au même instant ruissellent , '
Et l'ambre le plus pur s'exhale dans les airs. î
Chantons, célébrons l'automne. j
Enfans , répétez mes vers.
J'entends déjà dans la tonne j
Le doux nectar qui bouillonne, '.
Et qui veut rompre ses fers.
Enseveli sous le sable
Et réservé pour la table , i
Ce vin doit porter un jour j
Des bons mots à la jeunesse , ^
Des erreurs à la sagesse ,
Des feux même à la vieillesse , j
Et des désirs à l'amour ^ . \
' Ces vers rappellent ceux du cardinal de Kernis à Kléonore :
Tu donnerais des sens à la sagesse Et des d<'sirs à la froide raison.
i6o LES AMOURS.
ELEGIE XVIII