‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 89 sur 137 · LE DÉPART · texte numérisé non relu

LE DÉPART

A LA MÊME

Non , jamais peut-être à mes yeux

Tu n'avais paru si charmante ;

Jamais de ta grâce piquante

Mon cœur ne fut plus amoureux :

Et cependant , 6 ma maîtresse ,

Il faut m'exiler de tes bras !

Malgré l'excès de ma tendresse ,

Et le pouvoir de tes appas,

Il faut quitter ce doux rivage ,

Ce clair ruisseau , ce frais bocage ,

Cent fois témoins de notre ardeur ;

Il faut laisser tout mon bonheur,

Et n'emporter que son image !

Sous de funestes étendards

Un devoir importun m'appelle :

Soldat poudreux , aux champs de INIars

Cette élégie n'est point dans réditiou de 1 780.

Page 1