I.XXIII
Le beau cristal des saincts yeux de Madame Entre les lis et roses dcgouttoit, Et cependant amour qui le goustoit En arrousa le jardin de mon ame.
Au souspirer. qui les marbres entame, Le ciel pleurant, et triste se voutoit. Et le soleil, qui plaindre l'escoutoit S'osta du chef les rayons de sa flamme.
Les vents brusloient d'une chaste amitié L'air, qui autour s'enflammoit de pitié, En fit plouvoir une triste rousée
Mes yeux estoient deux fontaines de pleurs, La terre adonc qui en fust arrousée En fit sortir mille amoureuses fleurs.
Si le pinceau pouvoit monstrer aux yeux Ce que le ciel, les dieux et la nature Ont peint en vous, plus vivante peinture Xe virent oncq' de Grèce les ayeux.
Tov doncq' amant, dont l'œil trop curieux Pren seulement des beautez nourriture, Fiche ta veué en ceste pourtraiture Dont la beauté plairoit aux plus beaux Dieux.
Mais si la vive et immortelle image
Ne tedesplait, seule qui le dommage
De maladie, ou du temps ne doit craindre :