I. OLIVF
Ctnt mille fois, et en cent mille lieux
Vous rencontrant, 6 ni.i douce guerrière, Le pied tremblant me retire en arrière Pour avoir paix avecques vos beaux yeux.
Mais je ne puis, et ne pourroient les dieux l'rener le cours de nui volonté fiere : Si je le puis, la superbe rivière Fera le mien monter jusques aux cieux.
Qiic te sert doncq' esloigner le vainqueur, O toi, mon œil ! si au milieu du cœur Je sens le fer dont il faut que je meure ?
Ainsi le cerf par la plaine eslancé
Evite l'arc meurtrier qui l'a blessé,
Mais non le traict, qui tousjours iuy demeure.
Le crespe honneur de cest or blondissant Sur cest argent uni de tous costez, Sur deux soleils deux petits arcs voûtez, Deux petits brins de coral rougissant,
Ce clair vermeil, ce vermeil unissant
Œillets et lys freschement enfante/..
Ces deux beaux rangs de perles bien plantez
Et tout ce rond en deux parts finissant.
Ce val d'albastre et ces costcaux d'yvoire
Qui vont ainsi comme les flots de Loyre .\u lent souspir d'un Zephire adouci.
C'est le moins beau des beautez de Madame, Mieux engravée au marbre de mon ame Que sur mon front n'en est peint le souci.
Ce voile blanc que vous m'avez donné,
Je le compare à ma foy nette et franche :
L'antique foy portoit la robbe blanche,
Mon cœur tout blanc est pour vous ordonné.
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Son K-.ui ir.irrc d'ouvrage environne.
Seul onicinent et ihresor de ma manche. Tour vostre nom porte l'iieureuse branche De l'arbre sainct. dont je suis couronné.
Mille couleurs par l'esguille y sont jointes.
Amour a laict en mon cœur mille pointes, Li sont encor' sans fruict bien mille fleurs,
O voile heureux, combien tu es utile
Pour essuyer l'œil, qui en vain distile
Du l'ond du cœur mille ruisseaux de pleurs.