I. oi ivr. I n
Plus foiidroy.im que n'est le trait des cieux. Le !er, le teu, les grands cite/ fermées.
Les hauts ranipars, et les bandes armées, Donnent passage à l'or audacieux.
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Mais quel hyver seiche la verde souche
Des saincts rameaux, ombrage de ma vie?
Quel marbre encor', marbre pasle d'envie,
Hlesmit le tein de la merveille bouche ? Mais quelle main, quelle pillarde mouche
Ravit ses fleurs, c'est tov lièvre hardie,
Qjji fais languir par une maladie,
Mov en mon ame et Madame en sa couche. O to\ , que mère et marastre on appelle.
As-tu donc fait une chose si belle
Pour la deriaire ? à Dieu qui n'as point d'yeux, Si contre moy la nature conspire
Voire le ciel, la fortune et les Dieux,
Défend au moins l'honneur de ton empire.
O Cytherée, ô gloire Paphienne,
Mère d'Amour, vien piteuse A la belle,
Qui le secours de tes grâces appelle,
Saincte, pudique, et chaste Cvprienne.
Soustien aussi, Vierge Tritonienne,
De ton vieux tige une branche nouvelle :
Toy, qui sortis de la saincte cervelle.
Sage Pallas, Minerve Athénienne, Oyez encor' vous les deux yeux du monde,
L'honneur jumeau de l'isle vagabonde.
Le juste dueil de ce cœur gémissant.
Ainsi la nuict tes baisers favorise.
Chaste Diane : ainsi Parnasse prise.
Docte Phœbus, ton laurier verdissant.
Esprit divin, que la trouppe honorée
Du double mont admire, en t'escoutant.
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("vgno nouveau, qui voles en cliantant Du ehauil iiva«'e au froid Ii\ perborce :
Si de ton bruit nia Lyre énamourée.
Ta gloire encor' ne va point racontant, laime. j'admire et adore pourtant Le haut voler de ta plume dorée.
L'Ame superbe adore sur sa ri\e.
Du sainct laurier la branche toujours vive, Lt ta Délie enfle ta Sône lente.
Mon Loyre aussi demi-Dieu par mes vers, Bruslé d'amour estend les bras ouvers Au tige heureux qu'à ses rives je plante.
O noble esprit, de grâces allié.
Que ta vertu, la Muse et la Nature, Ont par destin, et non par avanture, Avec le mien estroittement lié :
O de mon cœur la seconde moitié :
Si de ton feu quelque scintile dure, Soulage un peu le tourment que j'endure, Me consolant d'excuse, ou de pitié.
Inspire mov les tant douces fureurs, Dont tu chantas cette fiere beauté Qui t'aveugla à semblables erreurs.
Ainsi d'amour le feu puisse descendre, Pour amollir cest' humble cruauté En l'estomac de ta froide Cassandre.
Sus, sus mon ame, ouvre l'ceil, et contemple L'arc triomphal de l'amour supernel.
Qui pour laver ton péché paternel Porta le fais de ta perte si ample.
Là, de pitié est le parfait exemple :
Sus donc mes vers, d'un vol sempiternel Portez mes vœnx en son temple éternel : Le cœur fidèle est de Dieu le sainct temple.
S'il a servi pour rendre Pliomnie franc, S'il a purgé mes pèche/ de son sang, Kt s'il est mort pour ma vie asscurer. S'il a gouslé l'amer de mes douleurs, Prodigues veux ne deve/.-vous pleurer D'avoir sans fruict despendu tant de pleurs
O Seigneur Dieu, qui pour riiuniaine race As été seul de ton père cnvové Guide les pas de ce cœur desvové L'acheminant au sentier de ta grâce.
Tu as premier du ciel ouvert la trace, l'ar tov la mort a son dard estuvé, Console donc cet esprit ennuvé, Que la douleur de mes pèche/, embrasse.
Vien, et le bras de ton secours apporte A ma raison qui n'est pas assez forte, \'ien esveillcr ce mien esprit dormant :
D'un nouveau feu brusle mov jusqu'à l'ame. Tant que l'ardeur de ta céleste flamme Face oublier de l'autre le tourment.
Père du ciel, si mil' et mille fois
.\u gré du corps, qui mon désir convie. Or que je suis au printemps de ma vie, Pâi asservi et la plume, et la voix :
Toy qui du cœur les abysmes c&gnois, Ains que l'inver ait ma force ravie, Fay moy brusler d'une céleste envie Pour mieux gouster la douceur de te^ loix.
Las, si tu fais comparoistre ma faute Au jugement de ta majesté haute Où mes forfaits me viendront accuser,
Qui me pourra défendre de ton ire ?
Mon grand péché veut me condamner, Sire, Mais ta bonté me peut bien excuser !
144 aUVRES COMPLETES PF ]. DL BELLAY
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Dieu, qui changeant avec obscure mort Ta bien-heureuse et immortelle vie Fus aux pécheurs prodigue Je ta vie, Pour les tirer de l'éternelle mort :
Telle pitié coulpable de ta mort
Guide les pas de ma tascheuse vie Tant que par tov, à plus joyeuse vie Je sov' conduit du travail de la mort.
N'avise point, 6 Seigneur, que ma vie Ne soit noyée aux ondes de la mort, Qui me distrait d'une si douce vie :
Oste la palme à ceste injuste mort
Q.ui jà s'en va superbe de ma vie.
Ht morte sov toujours pour mov la mort.
Voici le jour que Ictcrnel amant
Fit par sa mort vivre sa bien-aimée, Qui telle mort au cœur n'a imprimée, O Seigneur Dieu, est plus que diamant.
Mais qui pourra sentir ce doux tourment. Si l'ame n'est par l'amour enflammée ?
Souffle luy donc, pour la rendre allumée, L'esprit divin de ton feu véhément,
Pleurez, mes veux, de sa mort la mémoire,
Chantez, mes vers, l'honneur de sa victoire, Et toy, mon cœur, fay-luy .son deu hommage.
O que mon Roy est invincible et fort !
O qu'il a fait grand gain de son dommage, Qui en mourant triomphe de la mort.
Dedans le clos des occultes idées.
Au grand troupeau des âmes immortelles, Le prévoyant a choisi les plus belles Pour estre à luy par luy mesme guidées.
Lors peu à peu devers le ciel guindées
Dessus l'engin de leurs divines ailes
Volent au sein des beautez éternelles
Où elles sont de tout vice eniondées.
Le juste seul ses eleuz justifie,
Les reanime en leur première vie,
Et a son fils les fait quasi égaux.
Si donc le ciel est leur propre héritage, Qui les pourra frauder de leur partage
Au poinct qui est l'extrême de tous maux ?
Si nostre vie est moins qu'une journée
En l'éternel, si l'an qui fait le tnnr
Chasse nos jours sans espoir de retour,
Si périssable est toute chose néej Que songes-tu, mon ame emprisonnée?
Pourquoy te plaist l'obscur de nostre jour.
Si, pour voler en un plus clair Sfijouiv" "
Tu as au dos l'aile bien empennée?
Là est le bien que tout esprit desu^
Là le repos où tout le monde aspire,
Là est l'amour, là le plaisir encore.
Là, ô mon ctvur, au plus haut ciel guidée^
Tu y pourras recognoistre l'Idée
De la beauté qu'en ce monde j'adore.
Arriére, arrière, ô méchant populaire,
O que je hais ce faux peuple ignorant !
Doctes esprits, favorisez les vers
Que veut chanter l'humble prestre des Muscs. Te plaise donc, ma Royne, ma Déesse,
De ton sainct nom les immortalizer,
Avec celui qui au temple d'Amour
Baise les pieds de ta divine image.
O toy, qui tien le vol de mon esprit,
Aveugle oiseau, dessille un peu tes veux,
Pour mieux tracer l'obscur chemin des nues.
il IVRKS COMPLr.TF.S DK ]. nV HF.I I.AY
l't VOUS, mes vcis dclivrcs cl loyers,
Pour mieux atteindre aux célestes beauté/. Courez par l'air d'une aile inusitée.