‹ Œuvres complètes. Avec un commentaire historique et critique (volume 2)Chapitre 53 sur 76 · CŒLO MUSA BEAT · texte numérisé non relu

CŒLO MUSA BEAT

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Toiit ce qui prciul n.u^!>.»ncc l:st pcriss.iblc .iiis^i :

L'indomptable puissance Du fort le veut ainsi.

Les tleurs et la peinture De la jeune saison, Monstrent de la nature L'inconstante raison.

La rose journalière Mesure son vermeil A l'ardente carrière Du renaissant soleil.

La beauté composée Pour flestrir quelquefois, Ressemble à la rosée Qui tombe au plus doux mois.

La grâce et la faconde, I:t la force du corps De nature leconde Sont les riches thresors.

Mais il faut que l'on meure, Kt l'homme ne peut pas Tarder de dem\'heure Le jour de son trespas.

Ou est l'honneur de Grèce.

L'espouse au fin Grégeois, Et la chaste Lucrèce Bannissement des Rois?

L'aveugle archer surmonte Les hommes et les dieux, Ht la chasteté dompte L'amour audacieu.x.

La Parque depiteuse De voir l'honnesteté De sa dextre hideuse Dompte la chasteté.

A SALMON MACRIN l6l

]'.{ puis 1.1 renommée Par le divin clTort D'une plume animée Triomphe de la Mort.

La renommée encore "iombe en lobscur séjour :

Le temps, qui tout dévore, La surmonte à son tour.

L'an, qui en soy retourne.

Court en infinité :

Kien terme ne séjourne Que la divinité.

La confiance immuable De ta douce moitié, .Sa chasteté louable, Son ardente amitié,

C) Macrin, n'ont eu force Contre la tîere loy, Qui a fait le divorce De ta femme et de tov.

La .Mort, blesme d'envie En la faisant saisir, A troublé de ta vie Le plus heureux plaisir.

Si as tu la vengeance lui ta main bien à poinct.

Pour donner allégeance .\ l'ennuy qui te poingt.

Commande à la Mémoire Espandre en l'univers De Gelonis la gloire, Ornement de tes vers.

L'ambitieuse pompe Du funèbre appareil Si bien que toy ne trompe L'oblivieux sommeil.

Quand la douleur trop forte D'une amoureuse erreur Voudroit fermer la porte A ta douce fureur :

.Ma Muse, la voisine.

Défendra que l'oubli

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Du bruit ne >"cnsoinc, Q.11C lu as cnnobl\ .

Si ion amour csprci-bc N'a sauNX' Gclonis.

1 ainourfusc Dccssc Pcrdii bien Adonis.

Sus donc, cl qu'on cssuyc Les pleurs et le soucy :

Le beau temps et la plu\e S' entresuivent ainsi.

Celuv qui bien accorde De la Lyre le son.

Cherche plus d'une corde, Et plus d'une chanson.

Cuides-tu par ta plaiiuc Soulever un tombeau.

Ht dune vie esteinte Rallumer le flambeau ?

Ton deuil peu secourable Xc desaigrira pas Le Juge inexorable Qui perfide là-bas.

L;i harpe Tracienne, Qui commandoit aux bois, Aussi bien que la tienne, Lamenta quelquefois

Son pitovable ollicc Aux enfers pénétra Où sa chair Euridice En vain elle impetra.

Macrin, ta douce Lyre, La mignonne des Dieux, Ne peut surmonter lire Du fort injurieux.

Il faut que chacun passe En retcrnelle nuict :

La mort qui nous menasse Comme l'ombre nous suit.

Le temps qui toujours N-ire, Riant de nos ennuis, Bande son arc qui tire En nos jours, et nos nuicts.

SLK LA MDKI 1)1 1\ KinSI- UV \AV.\KKI. 165

Ses Heschcs empennées Des siècle révolus Emportent nos années, Qui ne retournent plus.

N'avance donc le terme De tes jours limitez, La vertu qui est ferme Fuit les extremitez.

Trop et trop tost la Parque ï'envoira prisonnier Dedans l'avare barque Du vieillard Nautonnier.

Adonc ira ton ame Sa moitié retrouver.

Pour ta première flamme Encores esprouver.

L'amour, ta douce peine, T'ouvrira le pourpris, Où la mort guide et meine Les amoureux esprits.

Là, sous le sainct ombrage Des myrtes verdoyans S'appaisera l'orage De tes veux larmovans.

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